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  En voiture et au volant !
  Conduire avec une déficience nécessite de compenser bien des handicaps. Voici quelques éléments utiles pour franchir moins difficilement certaines des étapes obligées.

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Première étape : la visite médicale, l'auto-école, le permis. La visite médicale est obligatoire et elle concerne tant les personnes ayant une déficience motrice que sensorielle (surdité ou perte de la vision d'un oeil). Tout s'organise à la Préfecture, avec des médecins agréés. L'examen médical est gratuit, mais pas pour tout le monde : les personnes sourdes sont dans l'obligation de payer ! Selon les pathologies, le médecin délivrera un certificat médical d'aptitude définitive ou temporaire, il formulera éventuellement un avis sur les aménagements nécessaires à la conduite. En cas de désaccord, un recours peut être exercé auprès de la Commission d'appel ou devant la Commission nationale d'examen.

Certaines Auto- écoles ont acquis des outils spécifiques et des compétences pour accompagner les personnes handicapées qui veulent passer le permis. L'examen pratique est souvent plus long que l'examen habituel, notamment parce que l'examinateur vérifie, en situation, la bonne adéquation entre le handicap du conducteur et les aménagements. Le permis mentionne alors les aménagements nécessaires ainsi que sa durée de validité. Mais que ceux que le permis a laissés de côté ne désespèrent pas : on peut aussi faire aménager les véhicules sans permis. La société Kempf s'est plusieurs fois penchée sur la question, ainsi que Mocquot avec son "City Car Évasion" (lire les nouveautés du Salon Handica 2001). Les autos écoles disposant de véhicules aménagés sont aussi présentées dans le guide d'informations pratiques du passeport Liberté du groupe Volkswagen (0800 000 058). Celles et ceux qui sont tentés par la moto se référeront à cet article Sports et Loisirs.

Image : siège pivotant... testé par le rédacteur en chef de Yanous en personne !

Image : tablette BEV. Cliquez pour la découvrir en place.
 

Deuxième étape : les aménagements pour entrer dans le véhicule, s'asseoir, conduire, charger et ranger le fauteuil roulant.

Personnes paraplégiques, tétraplégiques, hémiplégiques mais aussi personnes de petite taille, les problèmes sont différents et les réponses doivent être personnalisées. Lors du dernier Mondial de l'Automobile, en octobre 2000, nous vous invitions à observer quelques équipements standards rendant les véhicules d'emblée plus accessibles aux personnes handicapées (à lire en suivant ce lien). Nous observons aujourd'hui les propositions des adaptateurs et/ou carrossiers. Notez que les matériels proposés par les équipementiers français vous dispensent de faire contrôler votre voiture au Service des Mines pour obtenir la carte grise, ce qui n'est pas le cas lorsque vous faites installer des équipements non agréés par l'Administration.

Pour s'asseoir à la place conducteur, les paralytiques n'échappent pas au transfert du fauteuil vers le siège du véhicule. La société Baboulin prépare néanmoins un intéressant fauteuil roulant qui entrera facilement dans le véhicule à la place du siège conducteur. A suivre !

Quant aux sièges pivotants- sortants, ils sont plutôt réservés aux personnes aidées d'un tiers. Il reste alors quelques planches de transfert à hauteur variable qui peuvent aider : grâce à un système de vérin électrique, le releveur accompagne une personne pouvant difficilement se relever seule de la position assise dans le véhicule vers son fauteuil ou l'inverse. Ce dispositif (image ci- contre - suivre ce lien pour le découvrir "in situ") se place entre la porte et le siège, à l'intérieur.

Image : siège baquet de Recaro.
Recaro est le leader mondial du siège pour tous les conducteurs, combinant confort, esthétique et sécurité. Il faut compter 10.000 FF (1525 Euros ) à 15.000 FF (2287 Euros) pour un siège de ce type.

Se maintenir en position assise stable est parfois problématique. Et comme il n'est pas très agréable de s'attacher avec un harnais, les sièges Recaro sont éventuellement une bonne alternative.

Image : siège Orthopad de Recaro.

Pour la conduite, les commandes d'accélération et de freinage peuvent être transférées au niveau du volant. Plusieurs systèmes sont disponibles, d'un équipementier à l'autre : cercle accélérateur superposé ou manette au- dessus du volant, frein manuel par levier à pousser ou baisser, vous disposez d'un vaste choix ce qui rend pratiquement toutes les voitures adaptables. L'électronique remplace toutefois progressivement la tringlerie omniprésente hier : comptez de 3.000 FF (457 Euros) pour le système le plus basique à plus de 20.000 FF (3.050 Euros) pour un cercle accélérateur électronique. Les polios, amputés ou hémiplégiques peuvent se contenter éventuellement d'une simple inversion de pédale pour conduire avec une seule jambe (mais ils n'échapperont pas à la boite ou embrayage automatique). Quant aux commodos (clignotants, essuie- glaces), leurs commandes sont transférables sur un bloc fixé au volant.

Image : accélération et frein au volant par manettes utilisables à droite et à gauche.
Image : boîte de vitesses robotisée sur Renault Twingo.
 

Reste alors à étudier l'épineuse question des changements de vitesses : l'achat d'un véhicule d'emblée équipé d'une boîte automatique simplifie les problèmes mais l'on sait bien que les conducteurs français préfèrent contrôler eux- mêmes le changement de vitesse. Certains optent alors pour un système embrayage/ débrayage automatique mis en place par des installateurs spécialisés (compter en moyenne 15.000 FF, soit 2.286 Euros, avec une TVA est de 19,6 % et non 5,5 % !), d'autres se tournent vers les boîtes de vitesses robotisées qui tendent à devenir plus fréquentes sur les petites voitures.

Image : bras électrique.
 

Lorsque le véhicule n'a que des portes avant (3 portes, coupé, etc.), la plus grande amplitude d'ouverture de ces portes facilite l'accès pour les personnes se déplaçant avec une canne ou devant effectuer un transfert de leur fauteuil roulant. Ce dernier peut parfois être placé par le conducteur lui- même derrière son siège sans avoir besoin d'assistance. L'accès en pleine autonomie aux voitures à quatre portes est moins facile. Alors les inventions des adaptateurs fusent, sans donner franche satisfaction : soit le fauteuil est amené par un bras électrique à la place des sièges arrières préalablement retirés (avec mise en place d'une porte coulissante : environ 20.000 FF, soit 3.049 Euros) ou encore un bras télescopique amène le fauteuil dans le coffre du véhicule (environ 60.000 FF, soit 9.147 Euros !), soit le fauteuil est placé dans une caisse qui s'élève sur le toit (environ 40.000 FF, soit 6.098 Euros). Illustrations ci- dessous.

Image : coffre pour fauteuil.
  Image : coffre pour fauteuil.

Quand le fauteuil est électrique, alors l'entrée et la sortie du véhicule se font au moyen d'un plan incliné ou d'une plate- forme élévatrice par le hayon arrière ou par une porte latérale coulissante. Visite guidée de l'aménagement du Fiat Scudo de Claude Belzane, myopathe circulant en fauteuil roulant électrique : Illustrations Scudo 1,2,3,4,5 Une idée des prix : Claude a acheté son Scudo en 1996 : 90.000 FF (13.720 Euros). Installation de l'embrayage automatique : 11.000 FF (1677 Euros), accélération et frein au volant par tringles : 3.000 FF (457 Euros), pause du siège conducteur pivotant : 12.000 FF (1829 Euros), direction assistée : 6.000 FF (915 Euros), plate- forme élévatrice et porte latérale électrique : 36.000 FF (5488 Euros). Coût total des aménagements : 68.000 FF (10.366 Euros)...

Image : Claude Belzane et son Fiat Scudo aménagé.

Troisième étape : financements et assurance. Les aménagements sont donc bien coûteux... Ils peuvent être financés en partie par la Sécurité Sociale au titre des Prestations extra- légales. L'Association de Gestion du Fonds pour l'Insertion Professionnelle des Personnes Handicapées (AGEFIPH) contribue également à ces dépenses si (et seulement si) le véhicule est nécessaire pour exercer une activité professionnelle : elle propose une prise en charge de la formation au permis de conduire dans la limite d'un plafond de 5.000 FF (762,25 Euros) à destination des demandeurs d'emploi et salariés en milieu ordinaire de travail. Elle peut également participer à l'acquisition d'un véhicule, dans le cadre de l'accès à un emploi identifié ou du maintien dans l'emploi (hormis pour les fonctionnaires dont l'employeur ne cotise pas au fond), dans la limite d'un plafond de 30.000 FF (4 573,47 Euros) et au financement du coût de l'aménagement de véhicule. Mais attention, l'Agefiph ne distribue pas si facilement ses fonds : il faut avoir préalablement instruit un dossier de demande d'intervention très complet, accompagné de plusieurs documents. C'est loin d'être gagné d'avance ! Négociez avec la délégation de votre région.

Quelques grands organismes participent également ponctuellement aux financements des équipements : Conseils régionaux et généraux, mairies, mutuelles, caisses de retraite, Fondation de France, APF, AFM, Secours catholique, Secours populaire et même la Présidence de la République ! Le marché de l'occasion n'est pas inintéressant mais, assez fréquemment, les voitures proposées ont beaucoup roulé : voir les annonces dans les revues (la plus fournie est probablement Faire Face) et sur quelques sites Internet spécialisés : http://perso.wanadoo.fr/bernard.victor/, http://www.mca-handicap.com/mca.html, http://www.drivematic.fr/fr/occasions.htm. Quand vous en serez au point de contracter une assurance, notez qu'il est préférable de signaler votre handicap ainsi que les aménagements portés sur votre voiture. "Vous avez même intérêt à faire mentionner ces données sur le contrat", nous signale un employé de la MACIF, lui- même handicapé. Cette précaution est utile pour garantir le véhicule et les adaptations en cas de dommage ou de vol. "On entend trop fréquemment des personnes handicapées témoigner du non- remboursement de leurs équipements spécifiques après un vol" ajoute Souad Yamani, du groupe CCA- George V. Notez qu'en principe, les sociétés d'assurance ne doivent pas majorer les primes de l'assurance souscrites par les personnes handicapées, qui auraient moins d'accidents que les autres conducteurs ! Pour toutes informations complémentaires, vous pouvez adresser vos questions au Centre de Documentation et d'Information de l'Assurance (CDIA), 26 bd Haussmann, 75311 Paris Cedex 09, répondeur : 01 42 46 13 13, Minitel: 3614 CDIA.

Quelques efforts de quelques constructeurs... Depuis longtemps, Renault a mis en place des prestations spécifiques "Handi Service" à destination de ses clients handicapés : ces prestations concernent principalement une assistance adaptée et des possibilités de crédit. Le groupe Volkswagen a récemment créé un "passeport Liberté", cherchant à offrir des produits d'assurance (en lien avec Altima) et d'assistance (avec Europe Assistance) adaptés. Volkswagen tente également de sensibiliser ses concessionnaires à l'accueil des clients handicapés : un travail de longue haleine ! Tél : 0800 000 058 (appel gratuit). FIAT a lancé "Autonomy", un programme venu d'Italie, en vue d'informer précisément les adaptateurs et carrossiers sur la faisabilité des aménagements des véhicules de la marque. Ainsi, si vous êtes tenté(e) par un véhicule de cette société, vous pouvez rappeler à votre concessionnaire combien sa société (et plus particulièrement Monsieur Laurent, tél : 01 30 16 71 28) est en lien avec les adaptateurs. Ces programmes sont très mal diffusés en France : à l'expérience, il apparaît que c'est vous qui devrez informer les vendeurs de ces marques des produits et services qu'elles proposent !

Et des adresses ! Vous trouverez ci-après une liste des principaux adaptateurs de véhicules en France. Nous vous suggérons de les contacter en expliquant précisément votre recherche. Vous comparerez ensuite les propositions de ces adaptateurs. Notez que les adaptations doivent en principe être homologuées "UTAC" par le Centre national de réception des véhicules. Vous pouvez également solliciter le Centre d'Information et de Conseil sur les Aides Techniques (CICAT) de votre région afin d'en savoir plus sur les produits et les prestations des adaptateurs locaux.

BABOULIN, ZI de Cornage, 38220 Vizille, tél : 04 76 78 36 12, fax : 04 76 78 33 38.
CHARBONNIER, 109-111 Avenue des Pyrénées, 33140 Villenave d'Ornon. Tél : 05 56 87 12 69, fax : 05 56 75 43 14, email : charbonnier@charbonnier.fr ou ker-mobil56@wanadoo.fr.
DIJEAU, 18 bis rue chinard, 69009 Lyon, tél : 04 78 83 70 83, fax : 04 78 42 75 80.
GRUAU, BP 78, ZI route de Rennes, 53940 Saint-Berthevin, tél : 02 43 66 38 62, email : commercial@gruau.com.
HUMEAU SOJADIS, rue Henri IV, 49510 Jallais. Tél : 02 41 64 05 58, fax : 02 41 64 12 89, email: sojadis@wanadoo.fr.
KEMPF, 2 rue Martine Kempf, 67117 Dossenheim Kochersberg. Tél : 03 88 69 62 87, fax : 03 88 69 83 18, email : kempf@katalavox.com.
LEGRAND, 18 Z.I. des Bruyères, BP 90, 92312 Sèvres Cedex. Tél : 01 45 34 28 37, fax : 01 45 34 08 18, email : drivematic@wanadoo.fr.
ÉTABLISSEMENTS LENOIR, 38 rue de Bammeville, 76100 Rouen. Tél : 02 35 73 63 90, fax : 02 35 72 67 34, email : bmarinier@bigfoot.com.
OKEY TECHNOLOGIE, 11 rue Cugnot, Z.A. Les Hautes Garennes, BP 28, 78570 Chanteloup les Vignes. Tél : 01 39 74 04 70, fax : 01 39 74 44 20.
PIMAS, 6 bis avenue de la Rize, 69100 Villeurbanne. Tél : 04 78 80 91 67, fax : 04 72 04 48 41, email : info@pimas.fr.


Bonne route !


Véronique Gaudeul, avril 2001




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