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Classiquement,
le préjudice d'agrément concernait les activités sportives, ludiques
ou culturelles. On retenait essentiellement l'impossibilité ou la
limitation, en raison du handicap, de la poursuite de certains sports
ou de tous les sports pratiqués par la victime avant l'accident. Il
n'est pas nécessaire d'avoir été inscrit avant l'accident dans un
club sportif ou de pratiquer un sport de compétition pour revendiquer
à juste titre la réparation de ce dommage. Les personnes blessées
médullaires sont concernées par la réparation de ce préjudice car
elles sont souvent dans l'impossibilité d'exercer une activité sportive,
tout comme d'ailleurs les traumatisés crâniens, les brûlés, les amputés...
Depuis une vingtaine d'années, la définition du préjudice d'agrément
est plus extensive, plus moderne, la jurisprudence retient également
les atteintes à la qualité de la vie, "aux habitudes de la vie sociale
et aux joies usuelles de la vie courante". Pour les traumatisés crâniens
notamment, en raison de leurs difficultés cognitives, leur qualité
de vie quotidienne, familiale, sociale et professionnelle est profondément
altérée. Il ne faut pas omettre que les enfants handicapés, quant
à eux, n'auront jamais la possibilité de connaître les plaisirs de
la vie d'enfants physiquement indemnes. Ce chef de préjudice s'étend
sur toute leur vie, il est très important, et doit être indemnisé
en conséquence.
Le Préjudice d'agrément est évalué par le médecin expert (amiable
ou judiciaire) qui, en général, décrit les lésions et énumère les
sports ou autres que la victime ne peut plus pratiquer, totalement
ou partiellement. C'est l'avocat qui a la charge de réunir toutes
les pièces (attestations, photographies, bulletin d'adhésion à un
club sportif ou associatif...) et les faire parvenir à l'expert et
à la partie adverse. Dans le cadre d'un procès, l'avocat de la victime
présente ses demandes étayées par des pièces et des références de
jurisprudence, l'avocat de la compagnie d'assurances fait valoir ses
moyens, le Tribunal juge, il est souverain pour l'appréciation de
ce préjudice et pour son évaluation.
L'indemnisation du préjudice d'agrément devant les juridictions de
l'Ordre judiciaire dépend souvent de l'importance du handicap et de
l'âge. Elle peut aller d'un montant très bas de l'ordre de 700 € dans
les cas les moins graves à 60.000 € pour les dommages les plus importants,
mais cette dernière évaluation reste exceptionnelle, en général, l'indemnisation
des dommages les importants se situe plutôt aux alentours de 45.000
€. Chaque juridiction a sa propre jurisprudence et, par conséquent,
les montants peuvent être très différents d'un Tribunal à un autre,
d'où l'intérêt que donne le Code de Procédure Civile dans le choix
de la compétence territoriale et donc du choix entre plusieurs juridictions.
Devant les juridictions administratives, le préjudice d'agrément est
également reconnu mais l'indemnisation est en général plus faible.
Une fois encore, la reconnaissance de ce droit existe, mais il faut
savoir l'établir, le défendre, l'indemniser.
Catherine Meimon
Nisembaum, avocate au Barreau, mai 2005.
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Catherine
Meimon Nisembaum,
avocate au Barreau de Paris |
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