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Les assureurs
des établissements de soins ont décidé de quitter le marché de la
responsabilité médicale. Selon la SHAM (Société hospitalière d'assurances
mutuelles), l'un des principaux assureurs des établissements privés
ou publics, le coût des sinistres augmenterait de 10 % par an depuis
1996.Compte tenu de l'explosion des sinistres surtout liés aux infections
nosocomiales (contractées lors d'une hospitalisation), la plupart
des assureurs ont décidé de résilier, d'ici la fin de l'année, les
contrats de responsabilité civile médicale des établissements et professionnels
de santé. Les autres compagnies prévoient des hausses tarifaires importantes,
de l'ordre de 25 %, ce qui dans bien des cas devient rédhibitoire
compte tenu des charges pesant déjà sur les médecins et sur les établissements.
Certains observateurs estiment que 700 à 900 des 1.300 établissements
pourraient ainsi se trouver sans assurance au 1er janvier 2003. Cette
situation très préoccupante est prise au sérieux par le Gouvernement
qui indique sa volonté de mettre en place une table ronde réunissant
les prestataires de soins, les assureurs, les mutuelles, les représentants
des malades et l'Assurance Maladie. Il s'agit de mettre au point les
mesures nécessaires à la continuité de fonctionnement des cabinets
et des établissements de soins.
Le gouvernement affirme vouloir maintenir le principe d'une indemnisation
de l'aléa thérapeutique, sans faute médicale constatée, au titre de
la solidarité nationale ainsi que la présomption de faute des établissements
de santé lorsque le dommage est lié à l'organisation et au fonctionnement
du service.
La réparation financière des dommages nosocomiaux pourrait alors être
partagée entre les assureurs et l'Office national d'indemnisation
des accidents médicaux créé par la Loi du 4 mars 2002.Cet épineux
dossier qui touche directement à la qualité du système de réparation
des erreurs médicales devra faire l'objet d'une attention particulière
pour que les grands principes posés par la Loi Kouchner puissent être
suivis d'effet...
Philippe Carlini, Avocat au barreau, CP Carlini et Associés, octobre
2002
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