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Nombreuses
peuvent être les situations où un professionnel peu scrupuleux abuse
d'un consommateur vulnérable en raison d'un handicap physique ou psychique.
Le droit apporte son secours de façon non négligeable puisque le droit
civil, le droit de la consommation ou encore le droit pénal offrent
un arsenal juridique garantissant les droits des plus faibles.
Par exemple : la vente à domicile d'un équipement qui s'avère
parfaitement inutile. Quels sont les démarches à suivre pour l'acquéreur
qui estime avoir été abusé ? Le Code civil permet à la personne vulnérable
de saisir la justice afin que le contrat soit déclaré nul dès que
la preuve de sa vulnérabilité et de l'abus (par exemple, une vente
réalisée à l'aide d'un mensonge ou d'une dissimulation) sera établie
par la victime (articles 1309 et suivants du Code civil). La nullité
sera prononcée devant les juridictions civiles à savoir :
Le Juge des référés : une procédure rapide qui pallie une situation
urgente alors que l'abus n'est pas sérieusement contestable, notamment
lorsque la somme versée est suffisamment importante pour menacer l'équilibre
financier de la victime.
Le Tribunal de Grande Instance : une procédure dite "longue"
lorsque le préjudice subi ne présente pas un caractère d'urgence et
qu'il est supérieur ou égal à 50.000FF. La présence d'un avocat est
obligatoire.
Le Tribunal d'instance : une procédure relativement rapide
qui est compétente hors situation d'urgence et lorsque le préjudice
est inférieur à 50 000FF. La présence d'un avocat n'est pas obligatoire.
En conséquence la victime pourra, sur le fondement du droit civil
et des juridictions civiles, obtenir la nullité du contrat, et donc
la restitution de l'argent versé mais aussi une condamnation à l'encontre
du vendeur à des dommages et intérêts.
Le droit de la consommation offre une protection encore plus efficace
permettant de surcroît d'obtenir à l'encontre du vendeur une sanction
plus lourde, à savoir une condamnation pénale (articles 122-8 et suivants
du code de la Consommation). Ces articles visent les personnes qui
ne sont pas en mesure d'apprécier la portée des engagements pris,
notamment en raison de manoeuvres dites "dolosives" (dol : artifice
destiné à abuser autrui, tromperie) tendant à les convaincre. Toutefois,
l'engagement obtenu doit être le fait de circonstances particulières
énoncées limitativement par le Code de la Consommation, à savoir :
1) Visite à domicile
2) Soit à la suite d'un démarchage par téléphone ou télécopie ;
3) Soit à la suite d'une sollicitation personnalisée, sans que cette
sollicitation soit nécessairement nominative, à se rendre sur un lieu
de vente, effectuée à domicile et assortie de l'offre d'avantages
particuliers (cadeau, espérance de gains ou encore une remise, etc.)
;
4) Soit à l'occasion de réunions ou d'excursions organisées par l'auteur
de l'infraction ou à son profit ;
5) Soit lorsque la transaction a été faite dans des lieux non destinés
à la commercialisation du bien ou du service proposé ou dans le cadre
de foires ou de salons ; (ex : dans un centre de soins, de convalescence
ou encore de rééducation...)
6) Soit lorsque la transaction a été conclue dans une situation d'urgence
ayant mis la victime de l'infraction dans l'impossibilité de consulter
un ou plusieurs professionnels qualifiés, tiers ou contrat.
Il pourra aussi s'agir d'un abus visant à se faire remettre, sans
contreparties réelles, des sommes en numéraire ou par virement, des
chèques bancaires ou postaux, des ordres de paiement par carte de
paiement ou carte de crédit ou bien des valeurs mobilières.
La sanction du comportement abusif d'un professionnel à l'encontre
d'un consommateur n'est pas à négliger car la condamnation correspond
à un emprisonnement de cinq ans et à une amende de 60 000FF ou l'une
de ces deux peines seulement.
La démarche à suivre pour obtenir d'une part, la restitution des sommes
versées et d'autre part d'éventuels dommages et intérêts en plus des
sanctions pénales consiste soit à porter plainte auprès
du Procureur de la République, soit à porter plainte
auprès du Doyen des juges d'instruction. Ces deux magistrats se
trouvent au Tribunal de Grande Instance du lieu ou s'est déroulée
la vente abusive. Les deux plaintes aboutiront à une audience devant
le Tribunal correctionnel qui statuera sur les faits dénoncés, si
l'infraction paraît constituée. Ou encore, à citer directement
le professionnel devant le Tribunal correctionnel. Bien que la
présence d'un avocat ne soit pas obligatoire, il est recommandé néanmoins
de faire appel à ce dernier dans la mesure où la matière et la procédure
sont relativement "techniques".
Si l'ensemble des règles de protection en direction des personnes
vulnérable est correctement connu et convenablement utilisé, alors
la personne handicapée disposera d'une arme dissuasive contre les
comportements abusifs de toutes natures.
Maître Jean Charles Scotti, SCP Carlini et Associés, février
2001
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