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Question
: Comment concevez-vous votre action au sein du gouvernement ?
Marie-Thérèse Boisseau : Je suis là pour servir. Je fais partie
d'une équipe au gouvernement, dont je suis fière, avec laquelle je travaille
bien. Je pense notamment au Premier Ministre. Je m'efforce depuis vingt
mois de servir les personnes handicapées et cela m'apporte beaucoup
de satisfactions. Le Premier Ministre m'a proposé ce Secrétariat d'Etat,
je l'ai accepté avec joie et enthousiasme parce que je considère que
c'est une fonction essentielle dans notre société, et que j'ai toujours
eu le souci de m'occuper des plus fragiles. C'était déjà l'orientation
de mon action politique, en tant que députée de l'Ille et Vilaine.
Question : Vous avez présenté, et défendez toujours, un projet
de loi qui a déçu les associations nationales, une seule (Ladapt) ayant
publiquement approuvé le texte qui sera débattu au Parlement...
Marie-Thérèse Boisseau : Votre approche est un peu restrictive.
Des associations comme l'Unapei ou la Fnath ont accueilli le projet
de loi avec beaucoup d'intérêt. Elles formulent des réserves, elles
posent des questions, c'est leur rôle. La même chose s'est produite
en 1975, lors de l'élaboration de loi d'orientation, les coupures de
presse de l'époque le relatent. Les associations nationales sont une
chose mais je peux vous assurer que, sur le terrain, les associations
locales sont extrêmement attentives au projet de loi, tout à fait ouvertes,
et qu'elles en attendent beaucoup. La Maison départementale du handicap
est très bien accueillie, j'ai reçu de nombreux témoignages sur cette
question. Le texte a été bien perçu dans les médias et par l'opinion
publique. Je suis très fière d'avoir fait introduire dans la loi l'accueil
des enfants handicapés à l'école dès l'âge de deux ans et que celui
des étudiants devienne obligatoire. Le développement de l'insertion
sociale, des loisirs, du sport m'intéresse tout autant même s'ils sont
plus difficiles à inscrire dans la loi. Je l'ai dit, le projet de loi
est encore perfectible et j'attends de la part des parlementaires des
propositions constructives. Ce projet de loi constitue une grande avancée
en matière de compensation : près d'un milliard d'euros de crédits budgétaires
pour la compensation, c'est un progrès considérable ! Vous connaissez
ma volonté de rendre cette loi effective rapidement, en élaborant dans
la foulée les décrets d'application en concertation avec les intéressés.
Ce n'est pas simple, j'ai la volonté que tout soit terminé pour la fin
de l'année afin que la loi soit applicable à compter du 1er janvier
2005. Je ne peux pas mieux dire...
Question : Des organisations s'expriment en réaction au projet de
loi en rappelant leurs demandes. Ne craignez- vous pas une surenchère
revendicatrice voire une politisation du débat alors que nous entrons
en période électorale ?
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Marie-Thérèse
Boisseau : J'ose espérer qu'il n'y a pas de dimension politicienne
dans ces combats. Il n'y en a pas de mon côté. Je n'ai jamais
mélangé les genres même si j'ai mes opinions politiques. La cause
des personnes handicapées est très noble et doit dépasser tous
les clivages. Je travaille d'ailleurs très bien avec un certain
nombre de parlementaires socialistes sur ce sujet. Les élections
régionales de mars prochain ne concernent pas le débat sur la
loi; je serai tête de liste en Ille et Vilaine, numéro deux en
Bretagne avec Josselin de Rohan, qui est un ami. Je ne veux absolument
pas qu'il y ait d'interférence. Je me bats pour un meilleur sort
pour les personnes handicapées, quelles qu'elles soient. C'est
un problème majeur de société pour lequel on doit pouvoir travailler
ensemble. Et je fais mienne cette belle phrase d'un homme d'Etat,
François Guizot : "Le monde appartient aux optimistes, les pessimistes
ne sont que des spectateurs"...
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Propos
recueilllis par Laurent Lejard,
février 2004.
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