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Question
: Les personnes handicapées rencontrent de grosses difficultés pour
accéder à la propriété, l'assurance d'un prêt immobilier demeurant difficile
malgré la Convention
Belorgey qui prévoit des dispositions pour faciliter l'accès
à l'assurance en cas d'emprunt. Comment pensez- vous améliorer
cet accès au logement ?
Gilles de Robien : Il est vrai que pour beaucoup de personnes
handicapées, accéder à l'assurance d'un prêt immobiliser a été longtemps
un parcours du combattant. Afin de mieux informer les personnes handicapées
sur les aides financières à leur disposition en matière de logement,
la direction générale de l'urbanisme, de l'habitat et de la construction
de mon ministère sortira avant l'été une brochure pratique reprenant
les aides financières pour l'achat et/ ou l'adaptation d'un logement
pour les personnes handicapées. Ce dépliant sera tiré à un nombre important
d'exemplaires, largement diffusé et disponible sur
le site du Ministère.
Question : Train, avion, bateau, il est toujours nécessaire de s'informer
au préalable pour savoir si on peut les emprunter. Estimez- vous que
les prestations d'assistance au voyage doivent être normalisées ? Qui
doit les payer ?
Gilles de Robien : Tout le monde doit pouvoir se déplacer facilement
sur notre territoire. Bien que les pratiques de facturation de l'assistance,
qui constituent une exception, ne soient pas condamnables aux termes
de la réglementation en vigueur, elles vont à l'encontre du principe
selon lequel les personnes handicapées sont des citoyens à part entière,
soumis aux mêmes tarifications que l'ensemble des passagers, et ne doivent
pas être pénalisées du fait de leur handicap et donc se voir appliquer
une surtarification liée aux besoins spécifiques qui sont les leurs.
Il faut cependant savoir que la prestation offerte a un coût, qui est
de manière assez générale supporté par le transporteur. De façon plus
générale, il serait légitime qu'une personne handicapée obtienne une
information précise sur les aides proposées. Cela éviterait bien des
incompréhensions réciproques.
Question : 2003 doit être l'année de la transposition en droit
français de la Directive Européenne concernant les autobus urbains accessibles.
Quelles mesures d'accompagnement envisagez- vous en matière d'adaptation
de la voirie ?
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Gilles
de Robien : Cette directive souligne que la construction européenne
facilite et accélère l'intégration des citoyens handicapés. D'ores
et déjà des mesures ont été mises en place afin d'inciter les
collectivités locales françaises à adapter leurs réseaux et d'accompagner
les mesures réglementaires concernant l'accessibilité de la voirie.
La mise en service d'autobus accessibles suppose l'aménagement
des arrêts et de la voirie y conduisant, ainsi que le respect
des interdictions de stationnement au droit des arrêts et le respect
des règles de stationnement sur la voirie environnante, notamment
aux abaissés de trottoirs. En région parisienne ces aménagements
de voirie sont programmés et financés par le Syndicat des transports
d'Ile de France ainsi que par la région et sont réalisés selon
la mise en service de véhicules accessibles sur les lignes de
bus. En ce qui concerne les réseaux en commun de province, une
circulaire
prévoit des possibilités de subventions au taux maximal de 35%
pour des aménagements ou création de voirie favorisant la circulation
des transports collectifs ou l'accessibilité à ceux- ci. Il ne
faudrait cependant pas croire que la mobilité des personnes handicapées
en ville sera totalement solutionnée par l'aménagement des bus
car certains usagers auront toujours besoin d'un accompagnement
porte à porte et donc d'un service de transport personnalisé.
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Question
: Le respect des places de stationnement réservé cristallise des
tensions et un fort mécontentement parmi les usagers. La sensibilisation
a montré ses limites face à l'incivisme : le temps de la répression
systématique vous semble- t-il venu ?
Gilles de Robien : Il n'est pas contestable que le respect des
places de stationnement réservées aux personnes handicapées pose un
véritable problème de civisme. Il est inacceptable de prendre, même
pour quelques minutes, la place d'une personne qui a les plus grandes
difficultés à se déplacer. La résolution de ce problème, qui touche
aux notions de citoyenneté et de solidarité, devra certainement passer
non seulement par des actions de sensibilisation mais aussi par une
attention toute particulière portée par les services de police sur les
occupations abusives de ces emplacements et également par un renforcement
des sanctions. Les conclusions du tout récent rapport de madame Lévy
sur l'accessibilité des transports va d'ailleurs en ce sens. Il faut
arrêter de minimiser l'importance du non- respect des emplacements.
Propos recueillis par Laurent Lejard,
avril 2003
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