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Nous
avons interrogé les cinq grandes formations politiques
susceptibles d'être représentées à l'Assemblée Nationale
après les élections législatives des 9 et 16 juin. Nous
avons demandé à l'Union pour le Majorité Présidentielle
(UMP, regroupant le Rassemblement pour la République
et Démocratie Libérale ainsi que des membres de l'UDF),
à l'Union pour le Démocratie Française, aux Verts, au
Parti Communiste Français et au Parti Socialiste les
mesures législatives en faveur des personnes handicapées
qui leur apparaissent indispensables, leur classement
par ordre de priorité dans le calendrier de la législature
et l'action de ces partis dans le cadre d'une coalition
gouvernementale, ou d'une opposition au gouvernement...
Du côté du Président :
L'UMP dégage deux mesures législatives essentielles
: "transformer notre politique du handicap avec la réforme
de la loi de 1975, revoir notre législation pour assurer
la continuité des droits après 60 ans car il n'est pas
normal qu'après 60 ans, une personne handicapée perde
ce statut pour être assimilée à une personne âgée alors
que son handicap demeure". La formation politique affiche
comme priorités "apporter une aide immédiate et des
solutions aux personnes très lourdement handicapées
et à leurs familles qui sont actuellement sans prise
en charge adaptée et souvent isolées" et "doubler le
nombre des créations de places prévues pour 2002-2003
en maisons d'accueil spécialisées et en foyers à double
tarification". L'UMP assure vouloir "reconstruire notre
politique du handicap sur la base du droit à compensation
pour augmenter l'autonomie des personnes handicapées
[...] faire évoluer notre dispositif institutionnel
(création de guichets uniques de proximité pour intégrer
les différents aspects de la prise en charge des personnes
tout au long de la vie) [...] remédier aux graves carences
en matière d'intégration" par "la scolarisation par
l'éducation nationale de tous les enfants handicapés
en mesure de suivre un parcours scolaire", le renforcement
des aides à domicile et leur professionnalisation, le
développement de "la prévention du handicap par une
meilleure formation professionnelle et par un dépistage
plus précoce et plus systématique" et le soutien des
familles.
Le président de l'UDF, François Bayrou, affirme
: "le traitement que réserve la société française aux
handicapés me fait honte. Tout mon engagement politique
repose sur un principe: on mesure la valeur d'une société
à la place qu'elle est capable de faire aux plus faibles
des siens. Eh bien, depuis 1975 et la loi que ma famille
politique a fait voter, on n'a en réalité rien fait
pour les handicapés. C'est un scandale qui me révolte".
François Bayrou souhaite faire "voter une grande
loi sur le handicap et [demander] au gouvernement et
au ministre compétent de présenter dès le début de la
législature un projet de loi sur cette question primordiale".
L'UDF veut "accentuer l'effort de solidarité nationale
auprès des handicapés lourds et de leurs familles avec
comme objectif de permettre aux personnes handicapées
de pouvoir mener le projet de vie qu'elles ont choisi
en privilégiant l'intégration la plus forte dans le
milieu ordinaire". L'UDF se prononce notamment pour
une revalorisation progressive "au moins au niveau du
SMIC" de l'Allocation Adulte Handicapé et "une réelle
souplesse avec une allocation permettant une prise en
charge globale du handicap [...] la déduction du revenu
imposable, des salaires et des frais liés à la prise
en charge d'un handicap" et l'élaboration de "statistiques
fiables sur le handicap pour disposer d'éléments pour
faire des prévisions sur ce qu'il y a lieu de faire
et de construire pour l'avenir".
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A gauche :
Le PCF souhaite "une grande politique nationale
d'accessibilité pour tous les transports collectifs
publics, une aide personnalisée pour l'achat du véhicule
personnel" accompagné d'une suppression de la TVA et
du financement de son aménagement. En matière de logement,
le Parti Communiste se prononce pour une "sensibilisation
des architectes et des métiers du bâtiment à l'accessibilité
[et] revoir toutes les normes d'accessibilité actuelles".
Pour ce qui concerne le tourisme, il demande la systématisation
"d'un label qualité pour tous les lieux touristiques
afin de permettre une meilleure lisibilité des moyens
mis en oeuvre pour faciliter l'accueil, favoriser la
pratique des activités physiques et sportives sur les
lieux de vacances en les rendant accessibles, penser
l'accueil et la prise en charge de la personne handicapée
favorisant son intégration sur son lieu de vacances".
En matière de formation, il propose que les enseignants
reçoivent une formation spécifique et disposent d'un
service d'accompagnement. En ce qui concerne les travailleurs
en CAT, le PCF estime qu'ils "doivent bénéficier en
totalité des lois et règlements liés au code du travail".
Sur un plan plus général, la formation politique propose
l'institution de guichets uniques, considère que "le
handicap ne peut pas être relié aux problèmes de santé"
et qu'un ministère spécifique n'est pas nécessaire,
optant pour la mise en place de "délégués dans chaque
ministère [et collectivité locale] pour la prise en
compte des problèmes liés au handicap.
Le Parti Socialiste veut "poursuivre, et amplifier
le travail engagé", constatant que le nombre de personnes
handicapées "ne cesse de croître, plusieurs dizaines
de milliers de personnes étant chaque année victimes
d'accidents ou de maladies. Pour répondre à cette situation,
de nombreuses actions ont été mises en oeuvre par le
gouvernement [de Lionel Jospin NDLR] : intégration scolaire,
éducation et insertion professionnelle, autonomie, augmentation
des capacités d'accueil, réforme des institutions sociales
et médico- sociales, vote de la loi de modernisation
sociale, et travaux de réforme de la loi d'orientation
de 1975". Le Parti Socialiste souhaite "un grand plan
autonomie pour les personnes handicapées" pour "supprimer,
réduire et/ ou compenser chaque fois que de besoin les
situations de handicap [...] accentuer l'intégration
scolaire et professionnelle [...] rendre la vie en société
accessible à tout moment" au moyen "d'un plan quinquennal
pour organiser l'accessibilité de tous les bâtiments
publics et des moyens de transport en commun, ainsi
qu'une meilleure adaptation des logements, en mobilisant
l'État, les Régions et les offices publics [...] améliorer
le système d'allocations, en termes de compensation,
de soutien, notamment à domicile, et de ressources,
la généralisation des services d'auxiliaires de vie
sur la base d'un partenariat entre l'État et les départements
et l'accès des personnes handicapées aux aides techniques
[...] la recherche et la prise en charge des handicaps
rares ou complexes".
Les Verts voudraient prioritairement créer une
commission d'enquête parlementaire sur la maltraitance
des personnes handicapées ou âgées. Viennent ensuite
un renforcement du plan Handiscol incluant le développement
de l'enseignement du Braille et de la langue des signes,
l'octroi de l'Allocation Adulte Handicapé dès 18 ans
et sa transformation en une pension d'invalidité imposable
égale au SMIC et calculée sans tenir compte des ressources
du conjoint, le "respect des quotas d'embauche dans
la fonction publique sous peine de pénalités financières"
et "la transposition en droit national de la directive
européenne de novembre 2000 sur l'égalité de traitement
en matière d'emploi des personnes handicapées". Les
Verts veulent soutenir "le maintien à domicile par le
développement d'unités de logements groupés" et "l'obligation
de mise en accessibilité en cas de rénovation, favoriser
la mixité sociale par des quotas de logements [...]
rendre les transports publics (tramways, trains, bus
urbains et interurbains) accessibles à tous les types
de handicap" à l'échéance 2007, aligner le prix des
transports spécialisés sur celui des transports publics
[...] mettre en oeuvre un plan d'urgence trans- handicap
d'équipement d'accès adaptés dans tous les lieux publics
(administrations, services publics, écoles, lieux sportifs,
musées...)" en engageant 10 milliards d'euros sur cinq
ans.
Jacques Vernes, mai 2002.
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