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Le
Canard Enchainé le révélait ce 1er avril mais ce
n'était pas un poisson; les membres du Comité national
du FIPHFP ont été informés de la situation lors de la séance
plénière du 12 mars dernier : Rachida Dati n'a pas payé au Fonds
les 7,6 millions d'euros dus par son ministère au titre de ses
lacunes en matière d'emploi de travailleurs handicapés. La ministre
de la justice a reçu le 1er décembre 2008 un commandement de
payer sa dette dans le délai d'un mois, sans suite quatre mois
après. L'huissier du Trésor Public ira-t-il saisir les biens
d'un ministère misérablement bordé par l'hôtel Ritz et quelques
commerces vendant de cette verroterie que semble particulièrement
affectionner Madame Dati ? Espérons toutefois que l'argent
destiné à financer l'emploi des personnes handicapées ne soit
pas allé dans ces babioles mais plutôt dans les nouvelles prisons
qui fleurissent telles des paquerettes en ce doux printemps
2009... Des détenus désespérés pourront y batifoler dans un
cadre design et sentant le propre, pour quelque temps du moins,
jusqu'à ce que les carences en crédits de fonctionnement et
les restrictions de personnel ravalent ces établissements modèles
au rang des maisons d'arrêt du XIXe siècle...
Mais revenons au symbole qui nous intéresse : la Justice
ne respecte pas la loi, et plus précisément celle qui protège
les intérêts des plus vulnérables d'entre les justiciables,
les personnes handicapées. Le FIPHFP leur est destiné, conçu
pour financer l'adaptation des postes de travail, aider au recrutement
adapté, informer les agents pour lever les réticences. Cette
défaillance n'est pas innocente, le ministère de la justice
ayant conclu une convention avec le Fonds : elle finance à hauteur
de 10 millions d'euros, sur la période 2008 à 2010, diverses
actions d'insertion sans que cela ait pour effet de dispenser
le ministère de payer sa contribution. Ce qui veut dire que
non seulement le ministère de la justice ne paie pas ce qu'il
doit au Fonds, mais que ce dernier lui verse de l'argent ! Et
pour presque rien en retour : selon les syndicats, le ministère
de la justice rencontre des difficultés pour exécuter la convention
et repousse à plus tard certaines actions d'insertion. Voilà
un chantier en ruine qui attend le prochain locataire du ministère
de la Place Vendôme, Rachida Dati ayant décidé (sous la contrainte)
de quitter ses ors et sa belle rémunération ministérielle
pour s'exiler en juin prochain au Parlement Européen où elle
siègera pour près de 7.000 malheureux euros mensuels
(bruts mais sans compter les frais). Après elle, le déluge ?
Laurent Lejard, avril
2009.
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