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En 2008, les
allocations servies aux adultes handicapés seront calculées en fonction
des revenus déclarés au fisc par les employeurs et assimilés.
Les salariés le savent depuis longtemps, leurs revenus n'ont plus de
secret pour l'administration fiscale. Depuis la création de la déclaration
annuelle de données sociales, les rémunérations de chaque salarié sont
connues à l'euro près. Au fil des années, l'administration fiscale a
obtenu de multiples droits d'accès aux informations détenues par les
organismes de protection sociale, et ceux-ci doivent également lui transmettre
le montant des sommes qu'elles versent à leurs assurés et qui font l'objet
d'une imposition.
Cette traque de l'assuré social va franchir une nouvelle étape en 2008
: les bénéficiaires d'allocations versées sous condition de ressources
par les Caisses d'Allocations Familiales ne rempliront plus de déclaration
de ressources, ce sont les sommes déclarées au titre de l'impôt sur
le revenu qui seront communiquées aux Caisses par l'administration fiscale.
Ce qui veut également dire que les situations familiales seront alignées.
Qu'y aurait-il de choquant ? Le fait que de nombreuses personnes handicapées
qui ne peuvent se contenter d'une allocation de 620 euros par mois travaillent
ou vivent maritalement sans l'avoir déclaré à leur CAF. Les coeurs secs
estimeront que la loi est la même pour tous, les autres s'insurgeront
contre l'éternel report du chantier de remise à plat du système
allocataire : calcul sur les seuls revenus de la personnes handicapée,
augmentation de la valeur du cumul entre une allocation et un salaire.
Actuellement, ce cumul permet à un Smicard de conserver une centaine
d'euros par mois; au-delà, rien. Il n'est pas étonnant que de nombreux
allocataires s'interrogent sur l'intérêt de prendre un emploi, ce qui
entraine des frais de déplacement, de vêtements, de repas, alors que
l'argent qu'ils en tireront sera inférieur aux allocations perçues sans
travailler.
Que le Ministre délégué aux personnes handicapées veuille simplifier
la gestion des allocations et supprimer fraudes et omissions est légitime.
Mais il ne doit pas oublier qu'il a promis d'enclencher avant son départ
du gouvernement, le 7 mai prochain, la réforme des conditions de calcul
de l'Allocation Adulte Handicapé. Philippe Bas tirera-t-il sa révérence
sur une ultime fausse note ?
Laurent Lejard, mars 2007.
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