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  Entêtement.
 

Souvenez-vous : en février dernier, dans plusieurs pays de l'Union Européenne, des citoyens manifestaient par centaines de milliers contre un certain projet de directive livrant tous les services au public à la concurrence et au dumping social...

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L'ultra-libéralisme du président de la Commission Européenne, José Manuel Barroso, était la cible des manifestants. Les Députés européens devaient dans le même temps se prononcer sur ce projet de Directive; ils l'amendèrent largement, rejetant le principe du droit du pays d'origine du fournisseur de service, excluant notamment les services de santé, aux personnes âgées ou handicapées. Ravalant son arrogance, José Manuel Barroso avait alors annoncé une seconde version du projet de Directive, publiée le 4 avril dernier et qui intègre les amendements parlementaires aux points les plus contestés du texte.

Une belle leçon de démocratie que l'on devrait enseigner aux dirigeants français, et plus précisément au chef du Gouvernement, Dominique de Villepin. Son entêtement à vouloir imposer à la Nation la disparition des garanties légales liées au contrat de travail a mis des millions de personnes dans la rue, bloqué la plupart des universités et de nombreux lycées. Au nom du vote par le Parlement d'une loi qui autorise un employeur à se débarrasser d'un jeune salarié sous n'importe quel prétexte, prémices de la réforme plus globale du Code du Travail que le Premier Ministre voudrait réaliser. Un Parlement réduit au rôle de chambre d'enregistrement par un gouvernement qui verrouille sa majorité, les yeux rivés sur "son électorat" dans la perspective des Présidentielles de 2007. Avec comme résultat une crise institutionnelle sans précédent sous la Ve République : le Premier Ministre refuse de négocier (tout en affirmant le contraire), les syndicats, qui ne le considèrent plus comme un interlocuteur crédible, discutent avec le parti politique majoritaire à l'Assemblée Nationale, et le Président de la République promulgue une loi qu'il demande aussitôt de ne pas appliquer, en ouvrant a posteriori les négociations sociales qui auraient dû précéder son élaboration !

On ne sait pas encore qui sortira "gagnant" de l'aventure. Mais ce que l'on entrevoit, c'est que les institutions de la République ont été mises à mal et qu'elles devront être rénovées. Au risque d'un énième changement de gouvernement et d'un nouveau retard dans la mise en oeuvre de la loi de 2005 en faveur des personnes handicapées. Mais il est vrai qu'en matière de retard, les citoyens handicapés ont l'habitude...


Laurent Lejard, avril 2006.




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