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  Pour un accompagnement en milieu hospitalier.
 

A l'heure où il convient de faire des économies sur les dépenses de santé, Marcel Nuss revient sur l'intérêt de permettre aux aidants de poursuivre leur travail lors de l'hospitalisation d'une personne handicapée dépendante.

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Pas mis sur le W.C le week-end car il n'y a qu'une infirmière pour l'étage : on vous propose de faire dans vos draps ! Pas assis dans un fauteuil par insuffisance de personnel. Pas nourri pour les mêmes raisons : on met le repas chaud devant la personne et on le reprend froid une heure après. Voilà ce que vivent aujourd'hui, dans les hôpitaux, de plus en plus de personnes en situation de dépendance.

Depuis trois ans, je réclamais que l'accompagnement en milieu hospitalier devienne un droit généralisé et ne dépende plus de l'appréciation des chefs de service. Ainsi, les accompagnants de personnes handicapées pourraient travailler dans la continuité, tout en assurant un meilleur confort et une plus grande sécurité à ces dernières en cas d'hospitalisation. Philippe Bas, Ministre délégué à la santé, à la famille, aux personnes âgées et aux personnes handicapées, m'a entendu, le 5 octobre dernier, et a réagi sans attendre en abondant dans mon sens, faisant aussitôt souffler un vent de panique dans certains milieux hospitaliers parisiens.

Pourtant, il s'agit nullement de remplacer le personnel soignant, de faire à sa place, mais de le seconder. Il ne s'agit pas de le dévaloriser mais, bien au contraire, de le valoriser, en tirant les professions socio-médicales vers le haut. Il n'est pas davantage question de générer des rivalités stériles mais d'assurer une complémentarité utile, partant du postulat que ce qui compte avant tout c'est le bien-être du patient. Or, depuis des années, faute de temps et d'effectifs, les patients sont trop souvent la cinquième roue d'un carrosse chaotique. Et, dans ce contexte, prétendre que les dysfonctionnements incriminés ne sont pas le fruit d'une pénurie de personnel soignant mais seraient dues à une mauvaise information de celui-ci, voire à des négligences impardonnables mais isolées, c'est refuser de voir la réalité en face, donc refuser d'évoluer.

En privé, il n'est pas une infirmière ou une aide-soignante qui ne soit d'accord avec ce projet. Car tout ce qui peut, en bonne intelligence, soulager le patient comme le personnel soignant ne peut être qu'un plus pour chacun. Qui peut d'ailleurs penser, honnêtement, que l'accompagnement en milieu hospitalier préfigure la disparition du métier d'infirmière, comme je l'ai entendu quelquefois ? Évidemment, on peut avancer la tentation des Pouvoirs publics de faire de basses économies en profitant de la présence des accompagnants en milieu hospitalier. Mais est-ce vraiment raisonnable alors que le système de soins est lui-même très malade ?

En fait, je pense que l'opportunité offerte par l'accompagnement en milieu hospitalier est, et devrait être, comprise comme une aubaine pour tout le monde, un pas en avant en direction de la prise en compte de la personne et de son mieux-être, non comme la régression que d'aucuns craignent et brandissent sans nuance. Et c'est vers cette opportunité que nous devons nous efforcer d'aller, ensemble et avec discernement.


Marcel Nuss, président de la Coordination Handicap et Autonomie, novembre 2005.




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