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  Mendicité infirmière.
 

Deux organisations professionnelles d'infirmiers s'opposent violemment à la délégation de soins introduite par les Sénateurs dans le projet de loi d'égalité des droits et des chances.

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De nombreuses personnes handicapées dépendantes, et bien d'autres qui sont autonomes, connaissent des difficultés pour obtenir des infirmiers libéraux qu'ils assurent des soins réguliers à domicile. Les témoignages sont innombrables, évoquant des dizaines d'appels téléphoniques pour qu'un infirmer daigne assurer un lever, une toilette, un changement de sonde ou de canule. Ces actes font partie de ceux que les Sénateurs ont accepté d'en confier le soin à la tierce- personne d'une personne handicapée, dûment formée pour cela par le bénéficiaire, sur un accord librement consenti. Cette disposition assure la continuité (et la sécurité) de ces soins à la personne, quels que soient l'heure et le lieu, dans un cadre qui n'est plus tributaire de la disponibilité et des velléités d'un prestataire : la tierce- personne sera en effet en mesure d'effectuer des actes d'urgence, telle une ventilation respiratoire, tout en étant juridiquement protégée. La délégation de soins participe également de la liberté du choix de vie et de la reconquête de l'autonomie des personnes dépendantes.

Contre cela, les organisations professionnelles infirmières, et plus précisément la Fédération Nationale des Infirmiers et Convergence Infirmière, protestent vigoureusement, arguant d'une légalisation de l'exercice illégal de la profession. Elles estiment que la délégation de soins sera préjudiciable à ses bénéficiaires. Ces organisations oublient de rappeler le contexte, celui de la course aux actes les plus rémunérateurs, rapides et aisés à effectuer; on comprend mieux que ceux qui sont nécessaires aux personnes handicapées soient délaissés, plus techniques, longs, mal payés quand on les compare à d'autres. Mais pour maintenir leur emprise sur une partie de leur clientèle, même si de nombreux infirmiers la délaissent, les organisations professionnelles doivent faire preuve d'amnésie partielle : leur travail de lobbysme corporatiste a déjà porté ses fruits, des négociations sont en cours au Ministère de la santé, bien évidemment en l'absence des principaux concernés, les représentants des personnes handicapées...


Laurent Lejard, novembre 2004




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