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Le
11 mars 2002, un groupe de personnes handicapées dépendantes
arrachait au gouvernement de l'époque un protocole d'accord
qui leur accordait pour la première fois en France les
moyens de pouvoir réaliser dignement leur choix de vie.
Deux ans plus tard, ces manifestants, et quelques autres,
sont revenus au Ministère de la santé et des personnes
handicapées pour mettre les politiques face à la réalité
: les discours et les annonces de crédits budgétaires
ou d'externalisation de services de soins se sont multipliés.
Dans les faits, les personnes aidées sont très peu nombreuses,
obligées de maîtriser les dispositifs pour en négocier
la mise en oeuvre avec une Administration qui freine
des quatre fers, contraintes de gérer des formalités
inextricables et des crédits insuffisants.
Nous sommes loin du panorama idyllique présenté la veille
par le Secrétariat d'Etat aux personnes handicapées
: fin 2004, la moitié des 3.000 personnes handicapées
en situation de grande dépendance bénéficieront du financement
de leur choix de vie à domicile. On se demande d'où
viennent les chiffres communiqués, d'autant que l'on
sait déjà qu'il faudra bien plus que les 5.000 postes
annoncés (mais pas pourvus) d'auxiliaires de vie pour
réaliser ce voeu pieux. Naguère, le Directeur Général
de l'Action Sociale Jean- Pierre Bourely estimait à
au moins 5.000 les personnes handicapées en situation
de grande dépendance vivant à domicile. Quant aux associations
(A.F.M et A.P.F) qui ont entrepris d'identifier les
cas difficiles, elles en comptabilisent un millier,
dont 387 nécessitent un traitement d'extrême urgence.
Elles estiment que le budget actuellement dégagé est
insuffisant pour régler les situations connues, d'autant
que l'absence de cohésion dans le dispositif génère
un gaspillage, notamment par un recours important à
des personnels soignants chargés d'effectuer des actes
d'auxiliaires de vie.
La solution résidera-t-elle dans la loi d'égalité des
droits et des chances ? La Coordination Handicap et
Autonomie en doute, estimant qu'elle est "vide de sens
et renvoie systématiquement à des décrets d'application
dont on ne connaît ni l'échéance ni le contenu". Décidément,
le respect du choix de vie, pourtant cher à Marie- Thérèse
Boisseau, est loin d'être un long fleuve tranquille...
Laurent Lejard,
mars 2004
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