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Laurence
Tiennot-Herment, présidente de l'Association Française contre les Myopathies
réagit au projet de loi Boisseau et propose que la compensation soit
un droit réellement universel...
En juillet 2002, Jacques Chirac promettait aux Français la mise en oeuvre
d'un véritable droit à compensation pour toutes les personnes en situation
de handicap. Ce droit devait enfin permettre à des millions de personnes
de vivre dignement, citoyens à part entière dans une société équitable.
L'espoir a été immense au sein de nos familles, touchées par des maladies
lourdement invalidantes et dégénératives.
Où en est-on aujourd'hui ? Aujourd'hui l'espoir des malades a été déçu.
Nous, Association Française contre les Myopathies, association de malades
et de parents de malades, nous ne pouvons accepter le projet de loi
intitulé "Loi pour l'égalité des droits et des chances, la participation
et la citoyenneté des personnes handicapées", présenté cette semaine
par le Ministère de la Santé, de la Famille et des Personnes Handicapées.
Ce projet de loi devait apporter un véritable changement de mentalité.
Or il maintient les personnes en situation de handicap comme une population
à part dans la société française. Cette loi aurait du être ambitieuse,
aurait du apporter des fondements nouveaux pour les années à venir.
Elle se borne en fait aux possibilités budgétaires du gouvernement actuel.
Comment accepter en effet que les enfants de moins de 20 ans soient
exclus de la prestation de compensation proposée sous prétexte qu'ils
sont titulaires d'une Allocation d'Education Spéciale (A.E.S) aujourd'hui
insuffisante pour financer les aides humaines nécessaires et qui ne
finance pas les aides techniques ? Comment le gouvernement peut- il
croire qu'une famille peut décemment financer, avec 1.059 euros par
mois, non seulement les aides humaines nécessaires mais aussi les aides
techniques ? Le seul fauteuil électrique indispensable à la plupart
de nos malades coûte déjà plus de 15.000 euros ! Sans compter l'obligation,
pour y avoir droit, que l'un des deux parents abandonne son activité
professionnelle.
Comment nous faire croire que la prestation de compensation proposée
s'adresse à tous alors qu'elle est soumise au niveau d'invalidité et
que son montant sera modulé en fonction des ressources familiales ?
Au lieu d'instituer un véritable droit à compensation pour tous, cette
mesure prend la forme d'une prestation discriminante et non universelle.
Je serai auditionnée le 4 février par la commission des affaires sociales
du Sénat et je ferai entendre notre exigence : que cette grande loi
apporte enfin aux personnes en situation de handicap le véritable droit
à compensation pour tous, sans limite d'âge, de ressource ou de niveau
d'invalidité, qui nous avait été promis.
Laurence Tiennot-Herment, Présidente de l'A.F.M,
janvier 2004.
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