|
Il
est de tradition, chaque début d'année, que les ministres
présentent leurs voeux aux journalistes. Jean- François
Mattéi et Marie- Thérèse Boisseau ont satisfait le 19 janvier
dernier à cette formalité "bien sympathique" qui
est aussi l'occasion de détendre des rapports parfois crispés
entre la presse et des membres du gouvernement.
Au-delà des propos de circonstance, le ministre de la santé,
de la famille et des personnes handicapées a annoncé ses
priorités pour 2004 : réforme de la Sécurité Sociale et
loi d'égalité des droits des personnes handicapées dont
nous avons relevé, en analysant le projet de texte, le nombre
très élevé de décrets d'application devant être publiés
à cadence soutenu pour que la loi soit applicable dès le
1er janvier 2005 (lire cet éditorial).
Jean- François Mattéi a réaffirmé son attachement à cette
date d'entrée en vigueur du droit à compensation, volet
essentiel du texte gouvernemental, en précisant que les
dits décrets seraient élaborés durant le temps du débat
parlementaire.
Voilà qui risque de limiter fortement le travail d'élaboration
de la loi qui revient aux députés et aux sénateurs. Pour
respecter l'échéance qu'il s'est assignée, le gouvernement
ne pourra pas accepter d'amendements autres que portant
sur des virgules : la loi ne sera pas promulguée avant le
mois de juillet, le mois d'août étant une période
de vacances, septembre celle des arbitrages budgétaires.
Le calendrier est donc plus que serré et le moindre amendement
fondamental remettrait en cause le processus complexe d'élaboration
des décrets d'application. Les associations dites "représentatives"
qui espéraient voir largement modifier au Parlement un texte
qu'elles affirment en choeur décevant en sont déjà pour
leurs frais. Et avec elles, les personnes handicapées...
Laurent Lejard, janvier
2004
|