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Le Premier
Ministre l'annonçait en clôture de l'A.E.P.H, 2004 sera une année essentielle
pour les personnes handicapées...
Alors que l'avant-projet de loi sur l'égalité des droits des personnes
handicapées était transmis au Conseil d'Etat pour avis, c'est le devenir
de la Sécurité Sociale qui a connu les feux de l'actualité. Le coup
de tonnerre est venu d'un militant du Médef, Daniel Bouton, accessoirement
P-D.G de la Société Générale : mise en concurrence avec les assurances
privées, récupération des remboursements de soins sur la succession
des bénéficiaires, augmentation de la Contribution Sociale Généralisée
en fonction de l'âge de l'assuré social, forfait à la charge de l'assuré
sur chaque ordonnance de médicaments ou achat de prothèses, remise en
cause des prises en charge à 100%. A la lecture des propositions de
ce zélé patron, on se demande s'il y aura encore quelque intérêt à cotiser
à l'Assurance Maladie dans l'hypothèse où ces propositions seraient
suivies d'effet. Ceux qui pensent que ça n'arrivera pas devraient se
rappeler le travail de sape mené il y a quatorze ans par un autre militant
du Médef, Denis Kessler, alors Président de la Fédération Française
des Sociétés d'Assurance; une grande partie des mesures qu'il prônait
dans son rapport sur les retraites sont entrées dans la réforme voulue
par le gouvernement Raffarin en 2003. L'immolation de notre Sécurité
Sociale sur l'Autel du Patronat Français prendra peut- être moins de
temps puisque c'est dans six mois que le Ministre de la santé et des
personnes handicapées, Jean- François Mattéi (ou celui qui lui succédera
après les élections de mars) doit présenter son projet de réforme.
Le même ministre, et peut-être également Marie-Thérèse Boisseau, devront
mener une autre bataille pour faire passer au Parlement leur projet
de loi d'égalité des droits des personnes handicapées. Leur texte a
suscité une opposition quasi- unanime, tout juste soutenu par l'Unapei,
association qui peine à couper le cordon ombilical avec son ancien Directeur
Général et actuel Délégué Interministériel aux personnes handicapées
Patrick Gohet. Les personnes handicapées et les associations attendaient
une véritable réforme, elles n'ont reçu qu'une vague réécriture des
lois existantes auxquelles sont accolées quelques bonnes intentions,
l'ensemble bardé de décrets. Quand on se rappelle que la moitié des
décrets d'application de la précédente loi d'orientation, votée en 1975,
n'ont jamais été publiés, on peut légitimement douter de la viabilité
de la déjà bancale loi Boisseau. Ne doutons pas que la très médiatique
psychanalyste et universitaire Julia Kristeva, qui forte du soutien
de Jacques Chirac a su envahir le monde du handicap au point que peu
de manifestations ont lieu sans son parrainage, saura monter au moyen
des Etats- Généraux qu'elle prépare l'opération de propagande qui jettera
au public la poudre aux yeux qui va bien.
Bref, après une Année Européenne des Personnes Handicapées qui aura
été, en France, particulièrement bavarde, ponctuée d'innombrables colloques
et séminaires dont la portée reste à apprécier, 2004 apparaît comme
l'année de tous les dangers.
Yanous ! vous la souhaite tout de même agréable et douce...
Laurent Lejard, janvier 2004
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