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  Prévenir plutôt que guérir.
 

Qui se souvient que l'idée fondatrice de la Sécurité Sociale était de prévenir les maladies et la survenance des handicaps ? Les politiques de santé ne donnent plus guère de moyens à cette volonté.

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Le mouvement de protestation des personnes handicapées dépendantes, qui a contraint le Gouvernement à lancer un plan d'urgence pour l'extension et le financement des aides humaines, a mis sur le tapis une question importante : la Sécurité Sociale répare les accidents mais n'assure pas la prévention et l'entretien régulier. Explications à partir d'un cas pratique : toutes les personnes paralysées sont à la merci d'une escarre, cette nécrose qui génère un trou dans les tissus et peut engendrer une infection, alors que des matériels empêchent leur survenue tels le matelas anti- escarres. Mais l'utilisateur devra payer de sa poche près de 8.000 euro, la Sécurité Sociale ne finançant que moins de 30% du prix de ce matelas ; par contre, elle remboursera toutes les dépenses d'hospitalisation, de chirurgie, de greffe de peau, etc., nécessaires à la réparation des dégâts occasionnés par cette escarre. Sans parler de la perte de revenus si la personne travaille ou si son conjoint ou compagnon s'absente de son travail durant l'hospitalisation. Deuxième exemple souvent cité, les infections urinaires qui se produisent par manque de personnel pour effectuer les sondages plusieurs fois dans la journée ce qui oblige à porter une sonde à demeure ; cela peut se poursuivre par quelques semaines d'hospitalisation avec injections d'antibiotiques coûteux...

Vous trouverez aisément dans votre vie quotidienne d'autres exemples de situations dans lesquelles il est bien préférable de prévenir que de guérir : l'environnement bruyant facteur de troubles psychologiques ou auditifs, la pollution atmosphérique engendrant maladies respiratoires et incidents cardiaques, les pratiques à risques comme le tabac ou l'alcool générant maladies cardio- vasculaires ou accidents automobiles, etc. Quant aux personnes handicapées, elles apprécieraient certainement de disposer des aides techniques et humaines qui leur permettraient d'adapter leur cadre de vie en réduisant les risques d'aggravation de leur état de santé.

Il est certain que cela ne ferait pas les affaires d'une médecine consumériste, mais cette prévention là aurait certainement le mérite d'améliorer la vie quotidienne, de participer à une meilleure intégration sociale et de sortir les personnes handicapées du cadre médical dans lesquelles notre système de santé les confine. Cette prévention- là est aussi une aspiration à la Liberté.



Laurent Lejard, mars 2002




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