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Vivre et mourir
dans la dignité, ces revendications sont dans l'actualité de ces derniers
jours et cristallisent les points de vue, génèrent des tensions...
Depuis l'arrêt Perruche, rendu par la Cour de Cassation en décembre
dernier, il ne se passe pas de semaine sans que la question de la dignité
de la vie des personnes handicapées ne soit sous les feux de l'actualité.
La semaine dernière, l'Assemblée Nationale opposait une fin de non-
recevoir à la proposition d'une commission d'enquête sur la situation
des personnes handicapées. Cette semaine, une cour anglaise refuse d'accorder
l'impunité à l'époux d'une femme totalement dépendante et qui revendique
le droit de mourir dignement : les juges comprennent, mais ne veulent
pas délivrer de blanc- seing. Ce vendredi 9 novembre, France 3 diffuse
un documentaire présentant la mort décidée et accomplie d'un homme qui
ne supportait plus sa piètre qualité de vie (lire
ici une présentation de ce reportage).
Dignité et qualité de vie sont aussi au centre d'un débat polémique
qui enfle dans la communauté si mal soudée des personnes handicapées
: faut- il mettre fin à la vie lorsqu'un nouveau- né est annoncé comme
devant être handicapé ? Attisé par le Collectif contre l'handiphobie,
ce débat n'est pas exempt d'arrière- pensées, notamment sur le droit
des femmes à disposer de leur corps. Ce qui est remarquable, c'est le
peu de confiance accordée aux parents par les défenseurs de la vie à
tout prix : du point de vue de ces derniers, il faudrait qu'une autorité
soit investie par le législateur du pouvoir de décider à la place des
parents. Pourtant, bien des témoignages - la Télévision Suisse Romande
nous en présentait récemment quelques- uns - démontrent que les parents
sont très attentifs à la vie, qu'ils sont nombreux à accepter un enfant
handicapé, qu'ils refusent de remettre exclusivement le sort de leur
enfant à naître entre les mains des médecins.
Le débat sur la dignité de la vie - et la fin de vie - des personnes
handicapées est un enjeu de société. Pour déboucher sur des décisions,
des réalisations pratiques, il nécessite une grande ouverture d'esprit
et une profonde confiance dans l'intelligence et la sensibilité humaines.
Loin des propos définitifs, des formules à l'emporte- pièce, des schématisations
excessives. C'est le rôle de chacun que d'y faire entendre sa voix,
pour en rester le maître.
Laurent Lejard, novembre 2001
Lire l'éditorial précédent...
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