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On
approche du dénouement : Loana sera-t-elle condamnée
à vivre durant six mois avec Jean-Édouard dans
une maison de 3 millions de francs (457 347 euros) ?
Les péripéties des onze puis douze "lofteurs"
ont tenu (presque) toute la France en haleine, on parle du
Loft dans les conversations mondaines, des intellectuels étalent
leurs états d'âmes, les recalés font de
la pub, les plagiats de logos se multiplient, on éditorialise
dessus dans Yanous, bref Loft Story est un phénomène
de société.
Les lofteurs exhibés lors de cette première
émission sont, paraît- il, représentatifs
de la jeunesse française d'aujourd'hui. Curieux, on
n'y trouve pas d'aveugle, de sourd, de paraplégique,
de polio... Interrogée sur ce point, M6 ne répond
pas, préférant botter en direction de la société
de production. Axelle Laroche-Joubert, chargée du casting
pour cette émission de la chaîne qui n'en finit
pas de "monter", a elle aussi décidé
de se mettre aux abonnés absents. On a bien remarqué
que l'un des critères de sélection des lofteurs
était leur aspect physique "attrayant" et
par conséquent l'absence d'une déficience visible
par les téléspectateurs. Mais de là à
l'avouer aux lecteurs de Yanous...
Et d'ailleurs, le Loft ne déroge pas à une règle
non- écrite mais évidente des jeux télévisés:
dans lequel accepte-ton des candidats aveugles, sourds, paralytiques,
infirmes moteurs cérébraux? Dans Le Juste
Prix, au Millionnaire, sur Questions pour un
champion, dans Le Bigdil ? On se souvient d'un
petit scandale qui secoua jadis feue La Roue de la Fortune
: un candidat paraplégique fut refusé parce
que le décor ne lui permettait pas de faire tourner
lui-même ladite roue. La presse en ayant parlé,
la production décida qu'un tiers pouvait actionner
le bidule. De toute façon, le candidat perdit...
Cette absence est néanmoins bien regrettable : on aurait
aimé voir une Loana sourde en grande conversation avec
un Jean-Édouard paraplégique. Gageons qu'eux
aussi auraient pu faire bon usage de la piscine du Loft...
Laurent Lejard, juin
2001.
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