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Cette
gratuité dont bénéficient notamment
les titulaires d'une carte d'invalidité concerne
l'accès à de nombreux musées
et sites culturels, des spectacles, des activités
de loisirs. Au pire, un tarif réduit leur
est généralement concédé.
Certaines villes françaises font aussi bénéficier
de la gratuité du stationnement les automobilistes
titulaires d'un macaron GIC- GIG.
D'aucuns, même parmi les personnes handicapées,
s'étonnent de ce traitement et réclament
le droit de payer le même prix que Monsieur
tout le monde, au nom de l'égalité
de traitement qu'elles revendiquent : la gratuité
est à leurs yeux un privilège discriminatoire.
C'est ainsi qu'à Marseille, à la différence
de Paris, des associations ont demandé (et
obtenu facilement !) le maintien du paiement du
stationnement. On pourrait pourtant estimer que
la gratuité se justifie ici par l'obligation
d'utiliser une voiture puisque le service public
de transport en commun n'est pas adapté,
outre l'aspect pratique : aller jusqu'à un
horodateur qui n'est pas forcément tout proche
ou sur le même trottoir, et généralement
trop haut pour être utilisé par une
personne en fauteuil roulant.
La gratuité est fréquente dans les
musées et sites historiques, dont les gestionnaires
font des efforts certains pour en améliorer
l'accessibilité. Néanmoins, les peintures
d'Ingres et les sculptures de Bourdelle du musée
de Montauban vous seront inaccessibles, vous ne
débarquerez pas du bateau pour rendre visite
au fantôme du Comte de Montecristo sur l'île
du château d'If au large de Marseille, vous
ne gravirez pas les 365 marches qui conduisent au
sommet de la cathédrale Saint-Étienne
de Bourges, vous n'aurez pas mal aux yeux face aux
diamants actuellement présentés dans
une somptueuse exposition à Paris...
Le paradoxe de la gratuité est là
: pour qu'elle coûte quelque chose, encore
faut-il pouvoir pleinement en profiter !
Laurent Lejard,
mai 2001. |