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La version
de travail du projet gouvernemental de Loi sur la Société de l'Information
(LSI) oublie les personnes handicapées. L'accessibilité du web restera-
t- elle lettre morte en France ?
Le magazine papier et Internet Transfert
a récemment publié une version non définitive, datée
du 5 décembre 2000, de la loi qui devrait réglementer en France
l'accès et l'utilisation du réseau Internet. Nous ne sommes hélas pas
surpris de n'y trouver aucune mention de la nécessité de rendre le réseau
accessible aux personnes qui rencontrent des difficultés du fait d'une
déficience, notamment sensorielle. Tout juste peut- on lire que "les
services obligatoires comprennent une offre, sur l'ensemble du territoire,
d'accès au réseau numérique à intégration de services et d'accès aux
communications en ligne via le réseau téléphonique commuté, de liaisons
louées, de commutation de données par paquet, de services avancés de
téléphonie vocale et de service télex"...
Pourtant, Martine Aubry et Dominique Gillot, alors respectivement ministre
de l'Emploi et de la Solidarité, et secrétaire d'Etat à la Santé et
à l'action sociale, avaient donné pour mission en avril 2000 à l'Administrateur
Civil Bernard Descargues d'évaluer les besoins des déficients visuels
pour accéder aux nouvelles technologies de l'information et de la communication
(NTIC). Ce qu'il fit dans un rapport intitulé "L'accessibilité
des nouvelles technologies de l'information et de la communication aux
personnes aveugles et malvoyantes" et présenté officiellement aux
ministres en octobre 2000. On y lit de nombreuses recommandations -
privilégier les formulaires en ligne au format html sur le pdf, s'appuyer
sur les personnels déficients visuels pour faire progresser l'accessibilité
en interne à l'administration, fixer une obligation légale pour les
sites Internet des services publics, etc.
En remettant son rapport, Bernard Descargues mettait fin à sa mission,
laissant les ministres libres d'en tirer les conséquences utiles. Il
écrivait, en page 27 de son rapport, que "cette reconnaissance légale
du principe d'accessibilité devrait pouvoir figurer dans le projet de
loi en préparation sur la société de l'information". Visiblement, sa
préconisation n'a pas été suivie. Dans la phase préparatoire actuelle
du projet, il est encore temps pour Élisabeth Guigou, actuelle ministre
de l'Emploi et de la Solidarité, et Dominique Gillot de faire entrer
dans la Loi sur la Société de l'Information les besoins des personnes
handicapées. Le feront- elles ?
Laurent Lejard, mars 2001
Lire l'éditorial de la semaine dernière...
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