|
Frappé
sans raison ? Non, son agresseur voulait attaquer
quelqu'un de vulnérable, par bêtise et méchanceté
précisent les enquêteurs qui ont arrêté le criminel
dès le lendemain...
Fallait-il que la vie de cet agresseur, âgé de 19,
ans fût vide pour qu'il tabasse et tue ainsi un homme
qu'il ne connaissait pas. Et qu'il s'est "payé" parce
qu'il était vulnérable, handicapé mental et physique
facile à dominer, un exutoire humain à ses frustrations
d'adolescent. Ce fait n'est pas isolé, un précédent
sanglant s'est déroulé à Marseille il y a quelques
années : un handicapé mental vivant dans l'une des
immenses cités HLM de la ville était fréquemment insulté
et molesté par des jeunes. Son frère a voulu le défendre,
il en est mort. Les agresseurs, jugés l'an dernier,
sont en prison. Un autre drame de la vulnérabilité.
Ou plutôt de l'intolérance, de l'impossibilité de
supporter les différences, de la volonté de contraindre
des individus perçus comme inférieurs parce qu'handicapés
et que l'on a qu'eux à se mettre sous le poing.
Il est vraiment temps que dans ce pays soit engagée
une action civique d'ampleur nationale pour promouvoir
la visibilité, l'acceptation et l'intégration des
personnes handicapées. Il en va de leur avenir, et
parfois même de leur simple droit à vivre.
Laurent Lejard,
janvier 2001.
|