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Un robot humanoïde pour 2015 ?
Destiné notamment aux personnes dépendantes, un projet de robot d'assistance va concentrer l'effort de recherche et développement d'un groupe d'entreprises. Reportage.

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          La naissance du petit Romeo est annoncée pour 2015 ! Proche de la morphologie humaine et d'une taille d'au moins 1,30m, il est destiné en priorité à assister les personnes dépendantes pour effectuer certains actes de la vie quotidienne : prendre un livre, ouvrir une porte, donner à boire, porter secours, etc. Les seules limites de ce futur robot semblent être celles de la technologie, à en croire ses initiateurs regroupés au sein de Cap Robotique : cet ensemble de petites et moyenne entreprises en robotique et informatique vient de porter sur les fonds baptismaux l'entité qui va leur permettre de travailler en collaboration tout en disposant de financements publics apportés notamment par la Région Ile-de-France. Romeo devrait consommer à lui seul 5 millions d'euros de subventions...

Image : Conférence de présentation, à Paris, de Cap Robotique.

"On va vers la création de millions de robots utilitaires ou d'assistance dans le monde, assure Bruno Maisonnier, Président fondateur d'Aldebaran Robotics. Ils reculeront les limites de l'autonomie des personnes, des millions d'emplois seront créés dans la robotique !". Des propos enthousiastes construits sur un credo concurrentiel : "On n'entend parler que des robots japonais, poursuit Bruno Maisonnier, même dans les labos français de recherche...". Alors que, selon lui, la France est leader dans le domaine, mais souffre d'un déficit de notoriété et de communication sur les réalisations nationales. Cap Robotique se donne en conséquence l'objectif de rendre plus visible les réalisations françaises, outre sa volonté de fédérer les acteurs et de rationnaliser les moyens. Pour cela, il espère être le destinataire des aides publiques redistribuées via un pôle de compétitivité.

Image : Romeo.

Mais Romeo, positionné en concurrent des aides humaines à domicile, se heurte à la politique nationale en direction des personnes handicapées ou âgées en perte d'autonomie : l'Etat encourage en effet les emplois de services à la personne en les subventionnant à plusieurs niveaux (avantage fiscal, exonération de cotisations sociales, allocations aux personnes handicapés ou âgées). En l'absence du moindre signe d'inflexion des politiques publiques, les concepteurs de Roméeo se tournent vers le secteur privé : "Depuis qu'on existe, précise Bruno Maisonnier, on a été sollicité par des compagnies d'assurance qui ont défini un prix plancher, de 6.000 à 16.000€ selon les fonctionnalités du robot".

Ce sont donc les personnes indemnisées au titre d'un risque dépendance ou de la réparation du préjudice corporel résultant d'un accident qui sont visées, les assureurs misant visiblement sur une économie substantielle : les compagnies pourront réduire la tierce-personne, voire supprimer ce poste de préjudice, le plus élevé financièrement. Même si le robot cuisinier, femme de ménage, aide-soignant, pousseur de fauteuil roulant, porteur de personne paralysé, conducteur d'automobile, etc., n'existera probablement pas avant quelques décennies.

Pour que Romeo s'impose auprès des personnes dépendantes, il reste un défi psycho-technologique : faire accepter le robot à des milliers de personnes qui devront s'approprier l'engin pour en explorer les fonctionnalités et les adapter à leurs besoins. Une flexibilité qui reposerait sur une interface vocale à développer : "La technologie existe déjà, selon Olivier Deroo, Directeur d'Acapela spécialisée dans les voix synthétiques. Le taux de reconnaissance des ordres donnés vocalement est déterminant pour l'efficacité du système. Il y aura une phase d'apprentissage pour optimiser l'appropriation du robot et du vocabulaire de la personne". Le robot plug and play reste donc encore à inventer...


Laurent Lejard, mai 2009.


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