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Depuis la création
de l'Agence pour le Développement de l'Administration Electronique (ADAE),
les grandes manoeuvres ont commencé parmi les acteurs de l'accessibilité
du web. Premier d'entre eux, l'association BrailleNet,
forte de son monopole, s'est érigée en trust : elle a élaboré un label
(Accessiweb, lire cet article)
qu'elle s'efforce d'ériger en standard français voire même européen
en conduisant un travail efficace de lobbysme. L'association en est
l'unique propriétaire. Elle est seule habilitée à dispenser les formations
obligatoires destinées à certifier "Accessiweb" les experts chargés
de conseiller les webmestres dans leur mise en oeuvre. Elle décerne
seule le label (payant) Accessiweb aux sites qui en font la demande.
L'un des dirigeants de BrailleNet avouait récemment en privé
que la mise en accessibilité des sites Internet de l'administration
et des services publics représentait un marché de 40 millions d'euros,
s'exclamant qu'il y avait "de l'argent à se faire". Cette
approche hégémonique, propriétaire et mercantile semble avoir été validée
par l'ADAE (probablement par naïveté ou du fait de l'absence d'une concurrence
dans le secteur associatif sur ce sujet) dans son appel
à commentaires lancé durant l'automne dernier : la rédaction et
la présentation de ce texte pourraient laisser penser que le label Accessiweb
serait la norme en France avant même que le débat ne soit ouvert !
Dans
son texte, Julien Perben ne se prononce pas sur le contenu technique
d'un référentiel d'accessibilité (ensemble des règles techniques à respecter);
il constate que l'ADAE a lancé son élaboration en prenant comme base
de travail Accessiweb et des préconisations supplémentaires. L'auteur
du rapport préconise la création d'un centre- ressources pouvant assister
les Web Agency et autres sociétés de service informatique, sans se prononcer
sur son statut, son fonctionnement et son financement. Quant à la certification
de l'accessibilité, elle devrait être effectuée par un organisme officiel.
Prenant acte de l'état des lieux en France, Julien Perben se prononce
en faveur d'une stricte séparation des rôles et des intervenants, soulignant
la nécessité "de bien différencier le centre- ressources et l'organisme
de certification" pour que le même acteur ne gère pas l'ensemble du
processus. Il ajoute encore, pour se faire bien comprendre : "il
ne semble pas non plus raisonnable d'intégrer en l'état un label déjà
existant créé par une personne morale dont l'activité ne serait pas
exclusivement tournée vers la labellisation. Aucun acteur ne peut se
permettre d'intervenir à tous les niveaux du processus, même s'il s'agit
d'une association comme BrailleNet ou d'une entreprise spécialisée sur
ce sujet". |