|
Le Groupe de
Travail Accessiweb (G.T.A)
a été officiellement lancé le 16 septembre 2003 par l'association BrailleNet.
Il a pour objectif "d'organiser la veille et d'augmenter l'expertise
dans les technologies d'accessibilité numérique. Il favorise en particulier
l'augmentation (notamment en France) du nombre de professionnels du
Web maîtrisant ces technologies". Ce groupe de travail qui affirme avoir
un but non lucratif est notamment chargé de diffuser l'usage d'un label
d'accessibilité de l'Internet qui a été présenté à Paris le 1er décembre
2003 lors d'un séminaire destiné à informer des professionnels : ces
décideurs ou concepteurs web, badgés "clients", ont rencontré des "fournisseurs"
en service informatique qui sont partenaires officiels d'Accessiweb.
S'il reprend globalement les standards d'accessibilité du web élaborés
par le World Wide Web Consortium (W.3.C) que nous avons présenté récemment,
Accessiweb comporte des points de contrôle supplémentaires. Aux préconisations
impératives et facultatives s'ajoutent 25 vérifications spécifiques
qui ne peuvent être effectuées automatiquement en utilisant les divers
évaluateurs existants, dont celui qui est inclus dans Microsoft ProntPage
2003, mais manuellement. Ils portent notamment sur le "poids" de la
page qui doit être inférieure à 70 kilo octets (images et scripts compris),
l'utilisation de polices de caractères bâton (sans sérif), le nombre
de liens de navigation par page ou celui de pages écran, etc. Cette
intervention humaine constitue la première raison d'être des experts
Accessiweb.
 |
|
L'obtention
d'un label repose sur une procédure stricte : respect intégral
de la Charte du label, évaluation préalable du site par un expert
agréé Accessiweb, suivie d'un contrôle au terme de six mois puis
d'un an. Cette labellisation coûte 1.000 euros par an. Et bien
sûr, pour être agréé, le candidat expert doit suivre une
formation auprès du Groupe de Travail Accessiweb de BrailleNet
et signer la Charte...
|
|
Les
acteurs industriels de l'Internet sont absents du G.T.A. Aucun des éditeurs
de logiciels de création web (Microsoft, Macromedia, Adobe...) ne sont
adhérents de BrailleNet. I.B.M, pourtant membre de l'association, a
refusé de signer la Charte Accessiweb. Autre acteur majeur de l'accessibilité
du web, Visual Friendly a également refusé d'adhérer à la Charte Accessiweb,
qualifiant en substance de "sectaire" l'approche de BrailleNet. Cette
absence des entreprises leaders, de même que l'attente d'une décision
gouvernementale quant à la norme retenue pour promouvoir et réaliser
la mise en accessibilité des sites Internet publics, pose l'intérêt
d'une démarche évaluatrice : solution propriétaire ou esquisse du futur
standard de l'Internet accessible en France ? Les consultations actuellement
conduites par l'Agence pour le Développement de l'Administration Electronique
(ADAE) apporteront prochainement
une réponse quant au devenir d'Accessiweb dont ses initiateurs rêvent
qu'il devienne la norme en Europe...
Jacques Vernes, décembre 2003
|