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Lors
du Téléthon 2008, un groupe d'étudiants de l'École Supérieure
d'Informatique Électronique Automatique (http://www.esiea.fr/
ESIEA), encadrés par l'un de leurs enseignants, a répondu au
défi
technologique lancé par les organisateurs. Ils ont présenté
deux réalisations alliant l'utilisation des ressources de l'informatique
à un bricolage génial : "L'idée m'a traversé l'esprit de fédérer
des réalisations, explique Hubert Wassner, professeur d'informatique.
Pour le premier matériel que l'on a présenté, une souris sans
force, on a utilisé un contrôleur de manette de jeu Nintendo
qui est bourré de capteurs et pas cher. Il se prête au bricolage.
On a d'abord travaillé à une application en reconnaissance des
formes, qui a évolué vers la reconnaissance des gestes, pour
arriver à une utilisation plus large comme outil d'accessibilité
au pilotage d'un ordinateur. Une idée un peu 'bêtasse' au départ
qui est devenu une application utile, parce que Sylvain Van
Wassenhove, qui travaille pour le Département de Recherche d'Activités
de Communication (DRAC)
de l'Association Française contre les Myopathies y voyait un
intérêt, par son adaptabilité et son coût faible". Ce projet
de souris pour personnes myopathes a germé durant l'été 2008
pour le défi du Téléthon. France 2 a retenu l'idée d'inclure
la commande dans une peluche utilisée par une fillette qui adore
dessiner sur ordinateur.
Les étudiants réunis sur ce projet (Loïca Aventhey, Corentin
Chéron, Sébastien Monat, Vincent Germain, Arnaud Tora, Pierre-Emmanuel
Guerton) ont découvert, en se rendant sur des salons, le monde
des aides techniques informatiques qu'ils jugent globalement
archaïques et chères. Pierre-Emmanuel Guerton explique : "On
a voulu s'orienter vers un autre mode de pensée, utiliser une
technologie plus ouverte, pour créer un produit plus fonctionnel
et utilisable par tous". Actuellement, les étudiants réfléchissent
au montage d'une "junior entreprise" pour développer
leur souris sans force.
La seconde innovation qu'ils ont présentée lors du défi téléthon
est une loupe numérique miniature et légère, qui permet de lire
et grossir n'importe quel texte ou image dans n'importe quelle
position. "On l'a créé en deux semaines, précise Loïca Aventhey,
pour deux petits frères atteints d'une rétinite pigmentaire
évolutive précoce. On a regardé ce qui existait déjà, pour concevoir
un matériel simple et mobile pour lire aisément". Les étudiants
ont choisi une caméra miniature qui fonctionne en basse lumière
avec une bonne résolution. L'affichage peut s'effectuer sur
n'importe quel moniteur vidéo ou informatique, téléviseur ou
vidéoprojecteur, et également sur des lunettes de réalité virtuelle.
"L'un des deux enfants n'avait plus lu depuis des mois, il était
très heureux, cela m'a procuré un week-end de grand bonheur
! commente Hubert Wassner. Si on avait eu davantage de temps
devant nous, on aurait pu réaliser une solution complète incluant
le traitement de l'image. Mais on a dû travailler vite, avec
un budget global de 2.000€ pour les deux matériels. La pérennité
de cette innovation reste un gros point d'interrogation".
En effet, en l'absence de financement ou d'investisseurs, alors
même qu'il y a des étudiants intéressés, la loupe numérique
est au point mort. Malgré l'investissement pédagogique, les
messages d'encouragement des enfants myopathes qui en ont bénéficié,
et la forte motivation d'étudiants qui espéraient davantage
d'intérêt de la part des professionnels du secteur des aides
techniques informatiques. Dommage...
Laurent Lejard, mars
2009.
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