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Thomas Boucheron
publie, en collaboration avec Hélène Richard, une nouvelle édition de
l'ouvrage "Assurance-vie et handicapés", la première datant
de 1999. Depuis, la législation a profondément évolué : loi de février
2005 en faveur des personnes handicapées et réforme des successions
du 23 juin 2006, notamment. Ce précis dresse un état juridique complet
de l'intérêt de l'assurance-vie appliquée à la constitution d'un revenu
complémentaire destiné à un parent handicapé. "L'avantage particulier
de l'assurance-vie, rappelle Thomas Boucheron, est qu'elle est hors
succession : elle s'ajoute aux dispositions testamentaires sans être
prise en compte dans la succession, sauf en cas de primes exagérées
par rapport au patrimoine légué. Mais en pratique, ce dernier point
est très difficile à prouver et à contester". Un parent, voire un tiers
sans parenté, peut donc contracter une assurance-vie au bénéfice d'une
personne handicapée sans risque d'en voir le produit détourné par les
héritiers ni amputé par l'Etat. Diverses dispositions légales permettent
également de protéger le patrimoine ainsi légué à un parent handicapé.
Autre avantage de l'assurance-vie, elle ne peut être saisie : on le
sait peu mais l'argent déposé sur un contrat d'assurance-vie n'appartient
plus au contractant mais à l'établissement financier. Cette subtilité
juridique est d'ailleurs mise à profit par certains malandrins pour
assurer leur insolvabilité ou pratiquer une dissimulation fiscale. L'établissement
financier est censé gérer le capital investi au mieux des intérêts du
bénéficiaire; pour réduire le risque, le législateur a réglementé la
répartition des investissements réalisés, dont une part importante doit
être effectuée dans l'immobilier. A cet égard, méfiez-vous des courtiers
et des petits cabinets qui vous promettent des 10% et plus de rendement
annuel à force discours et preuves fallacieuses, vous risquez surtout
de perdre votre argent ! Privilégiez les établissements connus, solides.
Autre point d'attention particulière, les droits d'entrée et/ou les
frais de gestion : ils sont parfois élevés, certains contrats contiennent
même une clause d'amortissement de ces frais qui vise à affecter à
cet amortissement les premières mensualités de versements. Résultat
: en cas de rachat anticipé, le capital est amputé de la masse prépayée
des frais de gestion qui n'ont pas été étalés sur la durée du contrat.
La lecture attentive des conditions générales et particulières, ainsi
que la mise en concurrence des établissements financiers sont indispensables
avant de s'engager.

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Le bénéficiaire
percevra au terme du contrat soit le capital et les intérêts constitués,
soit une rente financière, soit une rente viagère. Si la rente
financière résulte d'un calcul financier (versement du capital
par division de son montant en un nombre déterminé de mensualités
versées jusqu'à épuisement du capital résiduel et des intérêts
qu'il continue à produire), la rente viagère est un pari sur l'avenir
: une mensualité est calculée selon des tables de mortalité et
en fonction du capital constitué. Pour le bénéficiaire, la rente
viagère présente l'avantage d'un cumul partiel avec l'allocation
adulte handicapé; toutefois, en cas de décès rapide du rentier,
le capital est acquis à la société d'assurances.
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Plusieurs formules
de contrat existent : l'assurance-vie constituée d'épargne à 100%, la
garantie décès entrainant le versement d'un capital défini à la mort
du souscripteur, l'assurance-vie mixte alliant épargne et garantie décès,
l'épargne handicap et la rente-survie. Cette dernière est peu utilisée;
destinée aux ascendants, elle vise à constituer une épargne qu'un parent
handicapé percevra après le décès du contractant. La lourdeur de la
gestion du contrat, le faible nombre de rentes-survie et le niveau élevé
des frais afférents grèvent toutefois le rendement de l'épargne constituée;
uniquement commercialisée par AXA, la rente-survie s'accompagne d'un
avantage fiscal et s'avère réservée aux personnes disposant de hauts
revenus leur permettant d'immobiliser des sommes élevées. A noter que
depuis la loi de février 2005, les fonds confiés à l'assureur ne sont
plus perdus, en cas de décès prématuré du bénéficiaire, mais récupérables.
L'épargne-handicap repose sur un contrat classique d'assurance-vie sous
forme d'épargne, tout en assurant au souscripteur un avantage fiscal
et au bénéficiaire un cumul partiel avec une allocation adulte handicapé
(cas de la rente viagère décrite plus haut). L'épargne-handicap est
également exemptée de prélèvement au titre de la C.S.G (Contribution
Sociale Généralisée). Les grands établissements financiers et des mutuelles
spécialisées proposent ce type de contrat.
Laurent Lejard, novembre 2007.
Assurance-vie
et handicapés, par Thomas Boucheron et Hélène Richard. Editions
de Verneuil, 14€, en
librairies.
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