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Laure Podesta
réside en Seine-et-Marne, à Savigny-le-Temple, bourg intégré à la ville
nouvelle de Melun-Sénart. Elle a effectué sa scolarité primaire en école
ordinaire, puis intégré un établissement spécialisé pour le secondaire,
à la Fondation Ellen Poidatz
(Saint-Fargeau-Ponthierry, Seine-et-Marne). L'établissement accueillait
alors la seule radio F.M réalisée et animée par des personnes handicapées
pour tous publics, Handi F.M
(107,3 sur le secteur de Saint-Fargeau) : "Ç'a été une période
très intéressante de ma vie, en me permettant de dialoguer, d'affronter
les autres". Laure Podesta animait une émission de musique à la demande,
répondant en direct, dédicaçant des disques, de 1999 à 2003. Après avoir
quitté la Fondation Poidatz, elle n'a pourtant pas essayé de poursuivre
l'animation radiophonique. "J'étais très contente de quitter Poidatz.
Ça m'a fait énormément de bien, même si le séjour dans cet établissement
m'a apporté beaucoup. Mais il fallait rompre au bon moment, pour vivre
avec les autres. Là-bas, on n'avait pas vraiment le droit de s'amuser.
En sortant, j'ai découvert la vie sous un autre angle, alors que j'étais
pré-adulte. On s'habitue à la Fondation, même si j'étais externe, sauf
lorsque j'ai passé le baccalauréat".
Laure Podesta, qui se déplace en fauteuil roulant électrique, constitue
un cas particulier : elle marche, fait du sport (natation, vélo), essaie
de bouger beaucoup. Mais des problèmes de dos l'empêchent de rester
debout et de marcher sur des moyennes ou longues distances. Après son
baccalauréat, elle a préparé et obtenu un diplôme en Gestion des Entreprises
et des Administrations, sans aller plus loin : "Je ne suis pas faite
pour les études. Actuellement, je recherche un emploi, mais je suis
confronté à un gros problème : dans mon département, le service de transport
spécialisé est saturé et je n'ai pas les moyens de passer le permis
puis d'acheter une voiture".
Depuis peu, Laure Podesta a pris son indépendance en s'installant dans
un appartement. Mais elle constate que pour être handicapée "il
faut être riche", ce qui l'a conduit à conserver son allocation
compensatrice tierce personne : en optant pour la prestation compensation
du handicap, elle s'estimait perdante de plusieurs centaines d'euros
par mois. "Je veux pouvoir aller travailler sans contrainte matérielle,
gagner ma vie, tout en évoluant, en bougeant. On m'a proposé des postes
intéressants, telle assistante de direction. Mais l'impossibilité de
bénéficier d'un service de transport adapté ou d'un logement proche
du lieu de travail sont des obstacles que je n'ai pu surmonter. Pourtant,
je suis intervenue auprès des élus, le maire, le conseil général, le
Président de la République, les ministres, tous me renvoient vers la
Maison Départementale des Personnes Handicapées. Or, elle ne sera opérationnel
que dans quelques mois. Je suis coincée, désespérée, frustrée. Je vis
un véritable dénuement en Seine-et-Marne. Je bouge énormément, j'alerte
du monde, j'essaye d'agir sur la commune mais je suis désemparée. J'entends
de belles promesses en ce moment, mais je subis toujours une galère
pour aller acheter du pain ou un journal".
Laurent
Lejard, février 2007.
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