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Marlène
Bouillon est lorraine, sa famille habite près de
Verdun. Actuellement, Marlène suit des études à
Metz, pour obtenir un baccalauréat pro en secrétariat.
Mais sa passion est ailleurs : "Depuis toute petite,
j'ai toujours aimé la danse". Sa première approche
de la danse s'est faite alors qu'elle était à l'école
primaire, lors de cours de gymnastique rythmique.
Jusqu'à ce que ses troubles moteurs soient identifiés
: "Au début, je ne savais pas que j'avais un handicap
physique. Le diagnostic est tombé alors que j'étais
en classe de 4e, au collège. Un médecin, qui cherchait
à comprendre la cause des troubles moteurs que je
rencontrais, m'a adressé à l'hôpital. Là,
on m'a diagnostiqué une myopathie des ceintures.
Au collège, les médecins m'ont dit d'arrêter et
de privilégier la natation. Actuellement, j'ai des
difficultés pour monter des marches, gravir un escalier,
ou me relever".
Marlene suivait régulièrement des cours de danse
jusqu'à ce qu'elle commence à étudier à Metz, il
y a 18 mois. "J'arrive encore à faire des stages
mais on me dit de ne pas forcer. Alors j'adapte
en position debout le travail effectué au sol par
les autres". Elle pratique le Modern Jazz et le
Street jazz, des chorégraphies très physiques,
comme on peut les voir pratiquées par Britney
Spears ou Madonna. "Cette danse entraîne une forte
dépense physique, il faut beaucoup bouger". L'avantage,
pour Marlène, est que le travail s'effectue en individuel,
sans porté ni ensemble.
Comme de nombreuses personnes handicapées motrices,
Marlène se heurte à l'inaccessibilité des
transports collectifs et à leurs conséquences :
"Je ne peux pas prendre les bus standards, à cause
des marches. J'utilise les services spécialisés
dans le transport des personnes à mobilité réduite,
qui sont destinés dans ma région aux travailleurs
qui ont au moins 80 % d'invalidité. Il faut réserver
un transport longtemps à l'avance, et le service
s'arrête tôt, généralement avant 20 heures. Alors
cela m'empêche de suivre des cours de danse en fin
de journée, après le travail scolaire".
Marlène Bouillon envisage de préparer et passer
un brevet d'animateur (BAFA) ainsi que le BEATEP
(Brevet d'État d'Animateur Technicien de l'Éducation
Populaire et de la jeunesse). Elle veut monter son
propre cours de danse, et ouvrir un studio. Même
si son expérience professionnelle est encore limitée,
cette jeune femme âgée de 20 ans voit que son travail
est apprécié par ses camarades. "Les jeunes approuvent
ce que je fais. Les chorégraphes, les animateurs
m'ont encouragé. Mais il faudrait faire davantage
évoluer les milieux de la danse pour intégrer davantage
les personnes handicapées qui souhaitent la pratiquer,
aller vers les gens, expliquer, adapter. S'il est
difficile de s'intégrer, il faut faire l'effort
de proposer".
Laurent
Lejard, janvier 2007.
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