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Evelyne Ramelet
menait une vie aisée, épouse d'un homme d'affaires grec, millionnaire
en euros. Elle vivait à l'étranger, voyageait, assistait son mari dans
son travail. Tout a basculé lors d'un divorce brutal. Du jour au lendemain,
Evelyne Ramelet s'est retrouvée sans toit ni argent. Elle s'est réfugiée
à Lyon, chez son fils étudiant qui vivait dans un studio en étages sans
ascenseur, escaliers fatals aux jambes d'Evelyne : une chute, de multiples
fractures, suivies d'infections nosocomiales à base de staphylocoques
et de streptocoques durant l'hospitalisation. Elle conserve aujourd'hui
une difficulté à marcher et à rester debout, accompagnée de douleurs.
Lors de son hospitalisation, en 2000, Evelyne a repris pour vivre une
activité d'écriture qu'elle réalisait naguère pour le plaisir. Elle
a prospecté les magazines afin d'obtenir des piges; un magazine Internet
féminin lui commande des fiches de recettes de cuisine, elle en rédige
1.300 ! Elle écrit également pour d'autres publications, prospectées
sur le web, bien que peu payée : "Ça m'a sorti d'affaire, psychologiquement,
et m'a mis en relation avec la presse".
Ce qu'Evelyne
n'avait pas anticipé, c'est la crise du tourisme thermal et la concurrence
espagnole: l'augmentation constante des taxes françaises sur le tabac
et les carburants attire la clientèle en Espagne où elle en profite
pour faire ses emplettes à meilleur prix dans des zones commerciales
frontalières qui connaissent une expansion rapide. Face à un chiffre
d'affaires en dents de scie et à une déconfiture prévisible, Evelyne
décide de réorienter son activité vers la communication d'entreprises
et la création d'événements; elle s'appuie sur un réseau d'amitié qu'elle
a su créer grâce à son sens de la relation humaine. Elle travaille avec
la ville d'Amélie les Bains à la promotion de la viticulture
et de la gastronomie locales, prépare le lancement d'une gamme de parfums
portant le nom de villes du Roussillon...
Laurent Lejard, février 2005. |