Chronique citoyenne
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  Julien Delamorte veut la justice sociale.
  Français d'adoption, il milite au sein du mouvement Debout la France pour remettre le citoyen au coeur du projet économique et rendre aux personnes handicapées la justice sociale dont elles sont privées, tout en demeurant prudent sur un éventuel engagement électoral. Interview.

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             Né à Djibouti en 1980, trois ans après l'indépendance de cette colonie française de la corne de l'Afrique, Julien Delamorte a été adopté dès ses quatre mois par des parents français, qui l'ont élevé dans la région de Libourne, en Gironde. Cette adoption, sous l'égide de l'Etat (DDASS à l'époque), lui a conféré la seule nationalité française, par filiation. Il a fait ses études primaires, secondaires et universitaires dans le bordelais, puis est venu à Paris achever ses études dans l'expertise comptable, où il travaille comme expert-comptable mémorialiste (ce qui signifie qu'il n'est pas titulaire, n'ayant pas encore soutenu le mémoire nécessaire). Repérée à l'école primaire, sa malentendance est d'origine inconnue, ses frères, également adoptés par les mêmes parents, sont entendants. En l'absence d'explication génétique, Julien Delamorte s'interroge sur l'impact de son voyage de rapatriement depuis Djibouti en avion militaire, très bruyant sans insonorisation, qui aurait pu altérer son audition. Des appareils miniatures intra-auriculaires totalement invisibles lui assurent toutefois une audition satisfaisante.

Question : Qu'est-ce qui vous a amené à vous intéresser à la politique : les études ou les péripéties de la vie?

Julien Delamorte :
Un peu les deux. Les études comptables m'ont permis d'avoir une ouverture sur la macro-économie. Je suis entré dans la politique par l'économie avant de rentrer par le handicap. La rencontre avec Nicolas Dupont-Aignan s'est faite sur l'économie, non sur le handicap, il y a à peu près deux ans. Je lui ai fait une proposition de projet économique pour la France qu'il a très fortement apprécié et a contribué à son programme pour l'élection présidentielle de 2017 qui n'est pas encore communiqué.

Question : Quelle était votre motivation en le contactant ?

Julien Delamorte : J'ai été ambassadeur du handicap pour la Société Générale en 2013-2014. Je rencontrais des parlementaires de toutes les formations politiques pour parler de la cause du handicap. Ils étaient les premiers à dire "oui, c'est une bonne cause, allons-y, acceptons de faire valoir le handicap", et derrière rien, vraiment, rien ! On faisait un compte-rendu, avec des témoignages de personnes en situation de handicap, des propositions de parlementaires, et derrière rien !

Question : Pourquoi avoir choisi Nicolas Dupont-Aignan : est-ce le seul dirigeant politique que vous ayez approché?

Julien Delamorte : Il est gaulliste, son programme économique est gaulliste, on essaie de défendre l'intérêt national. Pour moi, Nicolas Dupont-Aignan est le seul qui peut représenter la défense de l'intérêt de la France. Ce n'est pas un programme de droite non plus, et ce n'est pas un programme de gauche, puisque en fait on remet le citoyen au coeur du projet économique. L'économie, aujourd'hui, propose des solutions où les citoyens doivent s'adapter. Le projet que j'ai proposé part du constat "qu'est-ce qu'un citoyen français?" pour adapter l'économie au citoyen français.

 

Image : Julien Delamorte.

 

Question : Dans le champ du handicap, cela prend quelle forme ?

Julien Delamorte : La première priorité, c'est l'accessibilité des personnes en situation de handicap pour qu'elles aillent là où elles veulent, quand elles le veulent et avec qui elles veulent. Par exemple, la personne en situation de handicap qui veut actuellement se déplacer doit s'organiser plusieurs heures en avance pour connaître le trajet à prendre, savoir avec qui, comment. Pour cela, on fait la proposition que les véhicules de taxis soient handi-accessibles, plutôt que d'avoir des transporteurs spécialisés. Et dans les villes où les transports ne sont pas handi-accessibles, elles paieraient une taxe permettant aux personnes en situation de handicap de pouvoir payer le taxi. Voilà comment on voit la chose.

Question : N'est-ce pas un peu compliqué dans un monde qui évolue vers l'ultra-libéralisme ?

Julien Delamorte :
C'est plutôt une proposition de bon sens, en fait. A partir de là, la complication peut disparaître. Remettre de la justice sociale au coeur du projet devrait effacer les barrières compliquées. Pourquoi l'application de la loi de 1975 puis celle de 2005 a été reportée ? Parce qu'à chaque fois vous avez un groupe de lobbys qui est opposé à une petite partie du projet en question et qui arrive à faire tout capoter. Et c'est à chaque fois un groupe de lobbys différent. Si on avait scindé la loi de 2005 en plusieurs, pour prioriser certains plans d'action en premier lieu, comme par exemple l'accessibilité des transports en commun et des lieux, avant celle des restaurants et des commerces, et au milieu celles des hébergements, s'il y avait eu plusieurs projets, la loi de 2005 n'aurait pas capoté sous le lobby des architectes qui affirmait qu'elle était une aberration totale parce qu'elle augmentait le prix de la construction ce qui n'allait pas dans le sens de l'économie actuelle.

Question : Quel regard portez-vous sur le monde du handicap ?

Julien Delamorte : Côté négatif, les personnes en situation de handicap vivent une véritable discrimination juridique et sociétale qui les empêche d'être libres et égaux comme les autres citoyens. Côté positif, je suis persuadé qu'en intégrant la personne en situation de handicap dans la société de demain, dans la société nouvelle qu'on pourrait créer, ce serait le moteur de la relance économique. Si demain la personne en situation de handicap revient dans les centre-villes, travaille, apporte de la valeur ajoutée, consomme, se retrouve au coeur de la citoyenneté, on peut se servir de ce fléau pour le transformer en levier économique. Si demain les 40.000 taxis parisiens devaient acheter des véhicules handi-accessibles produits en France, je vous laisse imaginer l'effet sur l'économie française ! Je me suis toujours battu à transformer mon défaut en qualité : je dis ouvertement que je suis malentendant, quand dans une réunion je n'ai pas entendu, je le dis et demande de répéter. Cela permet, parce que je ne suis pas le seul à ne pas avoir entendu mais les autres n'ont pas osé le dire, par ce côté positif de faire répéter les choses pour que tout le monde entende ce qui est dit.

Question : Sur un plan plus personnel, envisagez-vous de vous positionner sur un mandat électif dans les années qui viennent ?

Julien Delamorte : Rien n'est déterminé. Au sein de Debout la France, je me positionne uniquement sur le sujet du handicap, pour défendre la cause du handicap et pour défendre un projet du handicap que DLF veut défendre aussi pour les Présidentielles.


Propos recueillis par Laurent Lejard, mai 2016.

 



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