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C'est
dès l'adolescence, grâce à sa famille, que Marc Vuilleumier s'est
intéressé à la politique, "des gens de gauche, qui parlaient de Cuba,
du Che Guevara, dans une mouvance révolutionnaire proche des mouvements
communistes". Et c'est donc tout naturellement au sein du Parti Ouvrier
et Populaire (POP, équivalent suisse du Parti Communiste) que Marc Vuilleumier
s'est engagé. Né "légalement" aveugle (1/10 de vision aux deux
yeux) il a suivi une scolarité en milieu ordinaire : "Ç'a été
le fait décisif de ma vie. Ma famille est originaire de Romandie, mais
nous résidions à Berne, en territoire alémanique. L'école qui accueillait
les enfants francophones était privée, alors que dans l'école publique,
au lieu de suivre une scolarité normale, j'aurais passé mon temps à
réaliser des paniers en osier"... Par la suite, Marc Vuilleumier est
entré au lycée et a poursuivi des études supérieures dans le
secteur social. Parmi ses fonctions, il a dirigé une maison gériatrique
médicalisée. Tout en restant militant, menant le combat contre les privatisations,
notamment celles de l'électricité, ou pour le respect du statut de la
personne âgée et la valorisation du troisième âge. Il approuve le droit
d'assister une personne en fin de vie et qui souhaite mettre fin à ses
jours : "Je l'aurais permis dans mon établissement, même si cela suscite
d'importants débats parmi les personnels, d'opinions, de philosophies,
de croyances très diversifiées".
Arrivé à l'âge
charnière de 55 ans, Marc Vuileumier affirme ne pas avoir d'ambitions
politiques particulières et n'avoir jamais "programmé" sa
carrière. Il porte un regard lucide sur l'évolution politique de la
Suisse : "Selon les personnes et les conjonctures, il y a une montée
du conservatisme qui peut prendre des voix à l'extrême gauche, parmi
l'électorat populaire. La Suisse est gouvernée par quatre partis très
divers : le Parti Socialiste, l'U.D.C [ancien parti agraire très à droite]
le P.D.C démocrate-chrétien, et le P.R.D radical. Mais le pays demeure
à droite : pour être de gauche, il faut savoir être dynamique; la révolution
n'est pas pour demain". |