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Snow
cake. Film dramatique réalisé en 2005 par Mark Evans. Vivienne,
une jeune femme délurée, aborde Alex, un quinquagénaire solitaire qui
se rend à Winnipeg en voiture. Il la prend en stop, ils sympathisent
en route, un camion survient et renverse la voiture, Vivienne meurt
alors qu'Alex est indemne. Submergé par la culpabilité, il veut s'excuser
auprès de la mère de Vivienne, Linda, et découvre une femme autiste,
qui vit en pleine indépendance dans un village de l'Ontario, Wawa. Désarçonné,
il est contraint de rester quatre jours auprès de Linda et découvre
son univers, ses petits bonheurs quotidiens, ses peurs. Dans le microcosme
qu'est Wawa, Alex retrouve auprès d'une voisine de Linda, Maggie, le
plaisir et le sens de l'amour. De son court séjour, il part délivré
du poids des drames de sa vie... Mark Evans livre un portait sensible,
tout en finesse, d'êtres que les péripéties de leur vie ont fermé sur
eux-mêmes, et qui vont redécouvrir l'autre au contact de la singularité
d'une femme autiste, incarnée dans toute sa complexité et sa plénitude
par Sigourney Weaver qui livre une performance remarquable d'actrice.
A ses côtés, Alan Rickman (Alex), incarne avec une juste sobriété d'expression
un personnage tourmenté par son passé et qui réapprend à vivre au contact
de Linda et de Maggie (Carrie-Anne Moss). Un film qu'il faut aller voir
pour briser les idées reçues et les tabous subis par les autistes, dont
le monde s'entrouvre dans le bonheur de la vie retrouvée grâce à la
scénariste Angela Pell, mère d'un fils autiste.
L'enfant
du secret. Téléfilm dramatique réalisé en 2006 par Serge Meynard.
Une cabane de serf prend feu, un enfant en haillons s'enfuit en poussant
des cris rauques, il se réfugie au château voisin dans lequel une fête
est donnée et se réfugie dans les jupes de la Comtesse de Solar, sa
mère; il en fut le premier enfant, rejeté dès que sa surdité fut évidente.
Tel est l'argument de départ de ce téléfilm qui oscille entre thriller
Grand Siècle et traitement social des sourds sous l'Ancien Régime. Cet
enfant du secret, interprété par le jeune comédien sourd Joshua Julvez,
est recueillit par l'Abbé de l'Epée (Michel Aumont) au sein de son école
spécialisée. Là, il apprend à communiquer par langage des signes, se
socialise, découvre la société. L'Abbé de l'Epée, révolté par l'abandon
de l'enfant, mène son enquête et identifie la mère, saisit la justice,
procès en perruque, la maman se donne à un sergent recruteur pour éviter
à son petit d'être enrôlé de force, larmes et happy end. Si l'argument
du téléfilm prend des libertés avec l'histoire (le procès ne conclut
pas à la filiation comtale), il constitue une immersion dans une époque
où les sourds étaient moins bien traités que des animaux domestiques
et les nobles avaient tous les droits, dont celui de vie et de mort.
Pour cela, davantage que pour la romance, L'enfant du secret mérite
d'être vu.
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