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The
Million Dollar Hotel, Film dramatique réalisé par Wim Wenders
en 2000. Avec Mel Gibson, Milla Jovovich, Jeremy Davies, Jimmy
Smits, Peter Stormare, Gloria Stuart. Est- ce un genre cinématographique
ou le résultat d'une politique intégrative, toujours est- il que
les handicaps de tous poils sont assez fréquemment traités par
les cinéastes aux Etats- Unis. The Million Dollar Hotel nous entraîne
à la découverte d'un univers clos peuplé de déglingués variés
- paraplégique, boiteux, aveugle, simple d'esprit, malades mentaux
- réunis par un point commun: ils logent dans le même hôtel...
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...L'un des
pensionnaires, fils d'un magnat de la presse, meurt. Un agent spécial
du FBI mène l'enquête: Mel Gibson incarne ici un policier brutal, violent,
un "freak" auquel on a retiré le bras qui lui poussait dans le dos (sic)
et qui ne tient debout qu'avec un corset rigide à la Frida Khalo. Au
milieu des éclopés du corps et de l'esprit, le flic part à la recherche
de son âme: qui est- il, qui sert- il? Wenders accompagne cette quête
de nombreuses citations cinématographiques ou picturales. De la poésie
pure !
The
Bone Collector, film policier réalisé en 2000 par Philip Noyce.
Avec Denzel Washington, Angelina Jolie, Queen Latifah, Michael Rooker.
The Bone Collector est un thriller efficace à grosses ficelles. Un inspecteur
de la police scientifique (Lincoln Rhyme, interprété par Denzel Washington)
est devenu tétraplégique lors d'une investigation. Il a écrit des livres
à succès et un manuel d'analyse de la scène d'un crime. Il vit dans
un univers domotique à faire envie: commande vocale du lit, de l'ordinateur
et de ses nombreux périphériques, tout le confort moderne plus une aide
humaine à demeure... Et
une assistante de terrain intelligente, mignonne, sensible, qui sera
les jambes de ce policier cloué au lit. Ensemble,
ils doivent mettre hors d'état de dépecer un serial killer qui prend
un malin plaisir à semer des indices pour jouer avec la police. Forcément,
un capitaine borné va contrarier leur travail... Le tout avec Manhattan
comme décor, celui d'avant les attentats, superbement filmé. Denzel
Washington rend ici presque ringard le personnage d'inspecteur paraplégique
campé jadis par Raymond Burr dans la série télévisée "l'homme de fer".
Le prochain américain traqueur de tueur psychopathe sera- t-il un quadruple
amputé sourd- aveugle? Attention, des images sanglantes peuvent choquer.

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Chronique
d'une mort décidée, documentaire de 52mn
réalisé en 2000 par Vincent Fooij. FIPA d'or. Un univers comme
les aiment les réalisateurs de Strip Tease, fameuse émission documentaire
de la RTBF. Quelque part en Belgique, un studio que l'on devine
dans une banlieue populaire, quelques meubles, un téléviseur et
un ordinateur allumés en permanence, un lit médicalisé et, dessus,
un homme qui veut mourir, Jean- Marie Lorand. Atteint dès la prime
enfance de la maladie de Charcot- Marie- Tooth, seuls sa tête
et ses doigts ont conservé un peu de mobilité.
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...Les poumons
envahis de sécrétions qu'il n'a plus la force d'évacuer, Jean- Marie
refuse de finir étouffé dans son sommeil, il revendique publiquement
le droit à mourir dans la dignité, demande à être euthanasié. Ce documentaire
présente les trois dernières semaines de sa vie, dont les heures sont
marquées par les visites des soignants, de quelques amis et d'un père
dont Jean- Marie n'avait plus entendu le son de la voix depuis six mois.
Jean- Marie crève à petit feu de sa vie vide de sens, abandonné de tous
(l'un de ses amis le souligne lorsqu'il dit qu'il suffit d'annoncer
sa mort prochaine pour être entouré pendant deux semaines et retourner
ensuite à sa solitude), dans un cadre déprimant. Il a eu une vie active,
dirigeant une agence de voyage, créant une émission de télévision, et
progressivement, la maladie l'a lourdement handicapé, le contraignant
à rester alité : "je ne suis pas fait pour vivre comme ça" proclame-
t-il. Et, avec cette opiniâtreté propre aux petites gens, il prépare
ses obsèques, organise un dernier repas gastronomique, rédige son annonce
nécrologique. Pour partir sereinement, sans bruit, pour ne pas déranger.
Du bruit, la mort de Jean- Marie Lorand en a pourtant fait en Belgique
: le Parlement a été saisi d'une proposition de loi, les partis politiques
ont dû prendre position. Le médecin qui a aidé Jean- Marie à mourir
s'est fait connaître à la justice et le parquet de Mons a ouvert une
instruction.
Pour
un oui ou pour un non, de Nathalie Sarraute. Mise en scène
de Philippe Carbonneaux. Avec Anne-Marie Bisaro, Jean-Philippe Labadie,
Emmanuelle Laborit, Antoine de la Morinerie, Aristide Legrand, Chantal
Liennel. Deux personnages en quête de relation, se cherchent sans se
rencontrer, entre désir et soupçon, de l'amitié à la haine, dans un
choc de mots, paroles sans autre contenu que l'intention de celui qui
les prononce, indicibles par signes, qui engendrent la confusion, au
risque des maux... de tête ! Dialogue au masculin, entre deux hommes
en imperméable noir qui évitent de se regarder, ou dialogue au féminin,
dans la langue des signes, dialogues de sourds en présence d'un couple
témoin, tous deux musiciens... Qui s'approche, qui se fuit, amitié,
amour, jalousie, haine, meurtre, et toujours domine l'incompréhension,
la non- communication. Fragile, sensible, Emmanuelle Laborit n'arrive
pas à se faire entendre de l'Autre, une Anne- Marie Bisaro déformée
par le soupçon.
Mise en scène sobre, presque trop, un rectangle blanc comme un tapis
sur le sol noir, un plafond suspendu sur lequel se reflètent les projecteurs,
toujours blancs; le metteur en scène Philippe Carbonneaux n'a pas choisi
la facilité. C'est dommage car malgré le talent des acteurs, il manque
toujours l'émotion. On rêverait de remplacer le texte de Nathalie Sarraute
par un autre de Raymond Devos, et de faire dialoguer les comédiennes
avec le mime Marceau. Parce que la rencontre entre sourds et entendants,
c'est un vrai pari théâtral qui mérite un autre texte. Pour Nathalie
Sarraute, le langage n'est qu'un artifice. Il devient vite artificiel.
Pourtant, j'ai agité mes mains avec la foule heureuse. Car c'est à voir,
à encourager, à développer, pour qu'un jour surgisse l'émotion... GSV.
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